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Texte original tiré du numéro spécial de la France
Cuniculicole de 1973
Par Jacques ARNOLD.
LE RUSSE
HISTORIQUE
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Le
lapin Russe est
aussi appelé Himalaya dans les
pays anglo-saxons ainsi
que dans toutes les publications
scientifiques. Au 19eme
siècle on le trouve mentionné, selon
les auteurs, comme lapin Chinois, Africain, Égyptien, lapin
de Windsor, lapin d'Anvers, lapin au nez noir. Comme l'a dit M.
d'Haute-Claire :
« S'il n'est pas bon chrétien, ce n'est pas
faute, comme on le voit, d'avoir reçu force baptême ».
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L'Encyclopédie
des Sciences publiée en 1765 n'en parle pas.
Il n'en est pas davantage
question dans le cours
d'Agriculture de l'Abbé
Rozier (1809).
Mariot-Didieux (1854) fait état du lapin Blanc de
Chine, à poil ras et à
yeux rouges, dont « un grand nombre de sujets ont le bout des pattes et le
bout du nez noirs
».
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Originaire de la Chine, la race aurait été transportée
en Russie, puis en Pologne et ailleurs en Europe. L'auteur poursuit en donnant
le prix de la peau de ce
lapin, soit 1,50 F
pièce. C'est celle qui imite le mieux
l'Hermine, d'où sa
désignation de fausse hermine.
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K.W.
Knight, dans son célèbre « Book of the Rabbit »,
à propos d'une lettre
parue dans le « Cottage Gardener »
en 1857, demandant
l'origine des lapins blancs avec le
nez, les oreilles, les
pattes et la queue noirs, semblables
à un couple exposé au
Crystal Palace et appelé Africains,
fournit des explications
sur l'origine présumée de ces
animaux :
Argentés Gris et Noirs
croisés entre eux et
achetés chez un marchand
de Leadenhall Market, ayant donné à différentes reprises dans la descendance
des Africains,
dont certains revendus au marché précité seraient
à l'origine des lapins
vus à Londres.
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Charles Darwin, dans sa
« Variation des Animaux
et des Plantes » revient
sûr cette histoire, en y ajoutant
aux lapins noirs,
argentés des chinchillas. « Le résultat
de ces croisements
compliqués fût des lapins himalayens ». Il rapporte ensuite que M. Bartlett,
au jardin zoologique
de Londres, en croisant
simplement des Chinchillas avec des gris argentés obtint toujours quelques
himalayens. Le
grand naturaliste constate de plus que « ces derniers
malgré leur brusque
origine se reproduisaient en transmettant fidèlement leur type (c'est-à-dire
toutes leurs caractéristiques), à condition qu'on les fasse croiser entre eux
».
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Ce qui est la
conséquence évidente dû caractère Albinos
dû Russe. Il est
impossible de citer ici toutes les observations
faites par Darwin sûr le Russe et sûr ses rapports
avec l'Argenté, malgré
tout l'intérêt qu'elles présentent.
Disons seulement qu'avant
de décrire l'himalayen appelé
aussi Chinois, Polonais
ou Russe, Darwin parle de lapins
de Moscou qui « avaient
à peu près la coloration des lapins
himalayens ». Je passe sûr les descriptions d'autres
auteurs, tels Gayot,
Gobin, qui n'apportent rien de plus,
pour en arriver à Pierre
Megnin, qui, après avoir cité les
observations de Darwin
dans son ouvrage « Le lapin et ses
Races », conclût
:
« Il pourrait très bien
se faire que le
lapin Russe ne fût qu'un Albinos dû lapin Argenté ». Mon
regretté Maître, le
Professeur Lienhart, s'était rallié à
cette opinion de Megnin
pour des raisons génétiques.
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Eugène Meslay, tant dans
son livre les « Races de
lapins » (1900) que dans
un article oublié en mars 1912
dans son journal « Lapins
et Cobayes » et intitulé
:
Provenance
dû lapin Russe, se contente de reproduire les
opinions des anciens
auteurs. Les gravures de ceux-ci,
ainsi que les
descriptions des caractères dû Russe qu'ils font, laissent apparaître que le
type d'exposition tel que
nous le connaissons
aujourd'hui, ne s'est véritablement
affirmé que dans le
dernier tiers dû 19eme
siècle. Mais en
1900 déjà, certaines photographies montrent
que le type et les marques avaient
atteint un degré de perfection qui
n'a jamais été dépassé depuis.
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Pour ce qui est dû type
proprement dit, deux tendances
se sont toujours affrontées, et E. Meslay posait
déjà la question
suivante en 1900 :
Court et potelé
ou bien allongé et
nerveux ? Se référant à plusieurs publications
anglaises, et notamment
aux livres de Knight et de Rayson,
l'empereur des lapins fait bien ressortir les divergences d'idées qui
animaient la « Fancy » de l'époque.
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D'après Ch. Rayson
(1872) la forme dite serpent (snaky)
remportait le plus de
prix dans les expositions, alors que
pour Knight (1881 et
1889) le type court gardait de nombreuses faveurs. Il semble qu'en 1900
l'expression :
Bon
type allongé (Good snaky
Type) l'emporte en Angleterre.
Aujourd'hui, le type «
snaky » reste celui de l'Angleterre
et de la Hollande. Le premier standard Français établi
par le Club des éleveurs de lapins en octobre 1910 demande un type court et
potelé. Ce texte fût accepté
ensuite par la Société
Française de Cuniculture en décembre
1920. On trouve ce même type en Allemagne, et
en Suisse, mais dans ce
dernier pays la taille est plus
importante, en général.
CARACTÈRES DE RACE
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Le standard Français
demande donc un corps court
et potelé, tout en
restant svelte. Harmonieusement arrondi
dans toutes ses dimensions, le Russe a une ossature fine et une musculature
très serrée, justifiant sa qualité
de chair. Il ne doit pas avoir la forme trapue du Hollandais.
Poursuivons avec certaines phrases de notre Standard : avant train fermement
musclé, ensemble poitrineépaules
bien rempli, croupe pleine et arrondie, râble
épais. N'omettons pas de
respecter la fourchette des
poids
:
2 à 2,5 kgs, en nous
souvenant que « pour tirer
bon profit dû lapin
Russe, il faut l'entretenir dans toute
sa pureté, avec sa
petite taille... », phrase qui date de
1891
! Les oreilles courtes,
effilées, droites et serrées
l'une contre l'autre sont
très caractéristiques.
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La
fourrure imite l'hermine. Dense, courte et soyeuse
dit le standard. Non seulement un Russe « qui a une
fourrure trop longue n'a
pas l'élégance d'un spécimen à
fourrure plus courte »
comme le fait observer Woodgate
(the complète Book of the
Rabbit), mais cela a des répercussions
sûr l'expression des marques.
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Plus la couleur des
marques est intense et plus les
délimitations de leurs
contours sont nettes, plus le sujet
a de valeur. Depuis près
d'un siècle, tous les pays sont d'accord sûr ce point, et Knight insistait
déjà dans son
livre (the book of the râbbit) sûr des contours réguliers,
continus, non
déchiquetés, sans dentelure. Par couleur
pleine, Meslay
l'entendait entièrement noire, exempte de
tout poil blanc, et
correctement délimitée. Woodgâte parle
de nuance veloutée, qui
situe un noir profond.
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Le masque de forme ovée
entoure complètement le
nez, en descendant
profondément sûr chaque face jusque
sous les mâchoires, sans
atteindre les yeux, l'expression
« boire dans son noir » a
été consacré par les praticiens.
Cela est valable pour
tous les pays, sauf pour la Suisse
qui ne demande qu'une
tache ovale, pas trop grande, pas
trop large, ne devant pas
atteindre la mâchoire inférieure. J.J. Lemarié me disait toujours que Meslay
était très difficile sûr le masque, notamment pour sa descente de chaque
côté dû nez selon une ligne droite sans échancrure
;
la coloration devant
faire tout le tour dû museau sûr une
grande surface.
.
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La couleur des pattes
antérieures recouvre toute la
première articulation.
Celle des pattes postérieures dépasse
le jarret. « Quand les pattes antérieures ne montent
pas assez hauts, au lieu
de bas noirs, nous avons des socquettes.
C'est une grave faute » (Fur and Feâther, 1970).
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Dans un article général
sûr le Russe publié dans cette
revue, fin de l'année
1971, nous nous sommes longuement
étendu sûr cette
formation des marques, et avons résumé les différents travaux scientifiques y
ayant trait. Il ne
nous est malheureusement
pas possible d'y revenir dans
cette simple
présentation de la race. Disons, très succinctement,
que les Russes naissent comme de vrais albinos, c'est-à-dire qu'ils sont
roses.
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Les marques ne se dessinent
sûr le pelage blanc qu'au bout de quelques mois, pas
forcément avec la même
rapidité. Il est difficile de dire si un Russe sera bien marqué avant cinq
mois et même plus, à moins d'avoir des repaires comparatifs sûr des animaux de
généalogie contrôlée. Certains sujets prennent plus de
temps que d'autres pour
colorer leurs extrémités. Ils font
souvent de splendides
adultes. A partir d'un certain âge, la couleur est à l'affût de
l'envahissement dans les zones
décolorées. C'est, en
résumé, une perpétuelle lutte entre
le blanc et le noir, dont
les résultats peuvent être différents
d'un moment à l'autre.
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Le Russe est
incontestablement le lapin le plus difficile à obtenir et à maintenir dans un
état de coloration
souhaitée. La sélection
individuelle généalogique ininterrompue,
avec une pression de sélection rigoureuse à chaque
génération, et sans introduction intempestive d'éléments
étrangers comme géniteurs, permet de mieux maîtriser
la variation des marques. Cela n'empêche de bien
respecter l'âge de la
meilleure exhibition de l'animal.
Avant et au-delà de cet
âge, l'animal est en phase de croissance
ou s'il le mérite reste au clapier comme reproducteur.
Celui-ci évolue alors constamment dans le sens de
l'accentuation des
marques. Dans le cas contraire, son potentiel
pigmentaire est généralement insuffisant, et il est
hasardeux de l'utiliser
comme géniteur.
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L'élevage dû Russe doit
se pratiquer sans brusque variation de milieu, ce qui vaut aussi bien pour le
logement que pour l'alimentation. On évite ainsi de créer des déséquilibres
physiologiques déclenchant des modifications pileuses
anormales. L'évolution des marques suit alors normalement le rythme des mues
saisonnières, sans qu'il soit
nécessaire d'élever les
animaux dans des conditions spéciales.
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