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Texte original tiré du numéro spécial de la France
Cuniculicole de 1973
Par Jacques ARNOLD.
LE BÉLIER FRANCAIS
HISTORIQUE
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Dans
son admirable ouvrage
:
« De
la variation des
Animaux et des Plantes » (1968), Darwin écrit
:
«
Tout
le
monde a vu les lapins à immenses oreilles tombantes
si
souvent exposés dans les concours
:
on
élève sur le
Continent diverses sous-races voisines... ». Le grand naturaliste
parle, après Delamer dont il cite l'ouvrage « Pigeons
and Rabbits » des Lopes à rames (oreilles se détachant
à angle droit)
;
des
demi-lopes (une oreille pendante)
et enfin du lope parfait (deux oreilles pendantes)
avec
plusieurs remarques pertinentes sur la descendance
de
ces animaux. Dans un autre chapitre du même ouvrage,
l'étude craniologique du lapin amène Darwin à parler encore
du Bélier. Bien entendu, Darwin s'adresse aux Béliers Anglais de l'époque,
mais il mentionne tout de même
les
sous-races voisines du continent, prouvant ainsi qu'elles
existent.
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Mariot-Didieux, au milieu du 19,
siècle, décrit dans
son «
Guide pratique de l'éducateur de lapin », le lapin
Bélier ou Rouanais, comme l'une des trois sous races du
lapin domestique, puis parle du Lope au titre de race de
fantaisie.
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Pierre Megnin (Le lapin et ses races, 1888) cite le
Bélier Normand avec « des oreilles tombantes mais touchant
à peine terre et nullement exagérées comme dimension
». Corps large et bien ramassé, tête un peu épaisse,
mais
pas trop lourde. Race la plus forte de nos lapins
Français
:
6 à
7 kgs ». L'auteur fait ressortir les différences
déjà fort importantes qui existent entre le Lope et le
Bélier Normand.
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Le
Professeur Cornevin (1895) n'ouvre qu'un chapitre
pour les lapins Béliers dans son traité de Zootechnie,
mais distingue lui aussi les Lopes des Béliers Normands
ou de Rouen.
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Le
manuel spécial sur l'élevage du Bélier publié par
l'Orphelinat Agricole de Saint-Martin en 1881, s'il décrit
avec
assez de précision ce que Mégnin appelle Bélier Normand,
insiste encore plus sur l'aspect utilitaire de l'élevage
du Bélier Français.
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N'oublions pas encore de dire que le Docteur Rufs
de
Lavison, directeur du Jardin d'Acclimation de Paris,
mentionnait dans son bulletin de l'automne 1863 les deux
races, Françaises et Anglaises, dont plusieurs spécimens
étaient présentés aux visiteurs.
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C'est à Eugène Meslay qu'il appartint en 1900 dans
son
ouvrage de base « Les Races de lapins », de bien situer
sans équivoque les deux populations.
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L'origine exacte des Béliers, Anglais et Français,
reste encore assez ambiguë aujourd'hui, et surtout leur
interdépendance. Pour les auteurs d'Outre-Manche, et notamment
pour Knight, l'Angleterre reste la mère patrie.
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Ce
fut aussi l'opinion en Belgique de René Bertaut
et en
France de Pierre Megnin, ainsi que de J. de Foucault.
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Que
M. Girard, ancien directeur du Jardin des Plantes de Lyon, se soit installé à
Paris, avenue de Ségur, en
1852,
et qu'il ait importé l'année suivante pour son magasin
d'animaux de basse-cour, des Béliers d'Angleterre dont
le
relieur de l'avenue de Breteuil, Cordonnier, tira des
Béliers Français par croisement avec des Normands ou
assimilés et des Géants, nous ne voulons pas l'oublier,
mais
nous n'oublions pas non plus que Mariot-Didieux pensait
que les Lopes pouvaient aussi bien avoir été obtenus
par
des croisements avec notre lapin Bélier Normand ou
Rouanais.
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En
fait des lapins à oreilles tombantes sont
apparus au cours des siècles dans de nombreux clapiers
sans
que l'attention se fixa sur eux. La fancy Anglaise
s'en
saisit vraisemblablement plus tôt que dans d'autres pays, mais dans le sens
sportif uniquement, alors qu'en France le Bélier de nos campagnes fut
longtemps élevé
dans
l'indigénat pour une production plus que pour une compétition.
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Les
premières importations allemandes de Béliers
Français remontent à 1869. C'est en octobre de cette même
année que M.Worner fit venir d'Avignon par l'intermédiaire
de M. Meyer, de Tubingen, trois lapins Béliers. Des importations semblables se
renouvelèrent à plusieurs
reprises. Le dernier transport en provenance d'Avignon
comprenait 16 sujets, et arriva le 22-7-1872 à Tubingen.
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Après un déclin de plusieurs années, un regain d'intérêt
se
manifesta, en Allemagne, vers 1910. Puis, conclusion
suprême de l'attrait pour la race, le Bélier Français fut
baptisé outre-Rhin en 1933, Bélier Allemand.
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L'expert Helvétique. A. Tschan, a signalé que la race
était
déjà élevée en Suisse en 1899.
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Le
standard, élaboré par la commission des standards de la Société Française de
Cuniculture, présidée par Mme
du
Bern de Boislandry et composée d'E. Meslay, R. Sauton,
A. Magnin et R. Caucurte, avec l'aide d'H' Estiot et
de
R. Laurençon, éleveurs spécialistes, d'après les données
d'Eugène Moslay, fut accepté le 25 mars 1922.
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Les
cheptels d'Alsace-Lorraine sont les meilleurs en
France, et en Europe, ceux de Suisse et d'Allemagne sont importants et de
bonne qualité.
CARACTÈRE DE RACE
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Le
type, la tête et les oreilles font la race.
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La
conformation ramassée et massive doit apparaître
au
premier coup d'oeil. Cela suppose un corps bien rempli
et
volumineux, suffisamment profond et arrondi, surtout
sur
l'arrière train, qui semble presque sphérique. Attention à l'expression
volumineuse. Le volume est obtenu par une bonne répartition des masses
musculaires que
l'épaisse fourrure recouvre, et non par une épaisseur de peau pléthorique, qui
arrive à se détacher. Le squelette
est
développé en conséquence.
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Les
épaules sont larges et fermes, la ligne de dos très
développée est légèrement courbée. L'aspect trapu provient
du fait que de la nuque au bas de l'arrière train,
le
tronc est constitué par un puissant bloc.
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Les
épaules lâches, le dos mal viandé et assez abrupt sont à rejeter. Il faut
toujours se souvenir que l'animal
paraît moins long qu'il n'est en réalité du fait de sa largeur et de sa
profondeur. Le sujet trop court, et pas assez
volumineux est à proscrire.
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Les
pattes paraissent courtes, mais sont surtout très
puissantes.
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Le
cou peu visible est effacé par le haut des épaules
épaisses et rebondies qui paraissent rejoindre directement
la zone plus élevée de la tête où se forme la couronne.
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La
tête comprend un front assez long et large, légèrement
incurvé sans plus. La courbure qui simule le profil
de Bélier ne se manifeste pleinement qu'à partir du
niveau des yeux jusqu'à la pointe du nez. Les joues sont
pleines avec des muscles masticateurs bien marqués. Attention
aux têtes trop rondes et courtes, dites têtes de chat qui ne sont pas des
têtes de Bélier.
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Les
oreilles prennent naissance par un fort bourrelet
(la
couronne). La ligne de crête joignant les deux bourrelets
doit être étendue et assez large. La conque cartilagineuse
à la base des oreilles, où se situe la couronne doit être épaisse pour se
replier dans un bombé impeccable
qui
procure alors une retombée non heurtée de l'oreille.
La
forme des oreilles passe du jonc creux sur sa plus
grande longueur à l'évasement à la pointe. Le chemin
suivi par les oreilles dépend en grande partie de leur constitution
et de la position de leur base de départ. Si celle-ci
est trop orientée, par exemple, vers la nuque, la trajectoire
des oreilles sera défectueuse avec tendance à la
forme
dite en rames.
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Les
jeunes Béliers ont des oreilles relativement droites.
Ce n'est que vers 6 à 10 semaines qu'elles commencent
à basculer, pour pendre ensuite. Celles qui tombent
le
plus tardivement sont souvent les meilleures à l'état
adulte. Il en est de même pour celles qui penchent vers
l'avant.
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La
fourrure est dite demi-longue. Elle doit toutefois
rester d'une bonne tenue, dense et ne pas donner lieu à
des
zones décollées.
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Les
teintes les plus répandues sont le gris agouti plus
ou
moins foncé, allant jusqu'au gris acier, l'Albinos, le
Madagascar et le tacheté. Dans ce dernier cas la tavelure
est
très chargée, formant même un manteau sur l'arrière
train. On trouve également des Noirs unicolores, des
Bleus, etc...
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