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Poser un lapin Poser un lapin, c'est ne pas venir à un rendez-vous et laisser attendre l'autre au lieu fixé. Certes le lapin est un animal instable, qui bondit dès qu'on veut l'approcher, mais cela n'explique guère la création de cette tournure qui date environ de la fin du siècle dernier, et dont le mystère demeure incomplètement sondé. Le « lapin » a eu, depuis le XVIIe au moins, le sens d'histoire fausse, de
hâblerie : « Celui-là est de garenne », fut selon Furetière une tournure qui se
moquait d'un récit incroyable. De la vantardise on a pu passer à la déconvenue;
c'est apparemment au sens de mauvaise blague que le mot est parfois employé dans
la population ouvrière de Paris, dans le premier tiers du xixe siècle - au cours
des journées de juillet 1830 un menuisier commente ainsi les nouvelles d'un
journal royaliste : « Il y avait hier un article qui m'a fait bien rire; il
finissait à peu près comme ça : que les coups de fusils viennent, et l'on verra
de quel côté est la majorité. Eh bien qu'il juge maintenant. » (En effet,
l'insurrection vient de chasser le roi Charles X.) Son compère, un ébéniste, lui
répond en riant : « Il est bon là, le lapin. » (E. Debraux, Les Barricades,
1830.) |