Russe

 

Russe

Pays d'origine: Angleterre

Ascendance: Lapins ArgentésFemelle, propriétaire Mr Jean-Marie SCHWOOB

Importance : Trés répandu

Club de Race National Officiel:
 Association Française des Eleveurs de Géants et Russes réunis.
Monsieur Gilbert BLANC

10, avenue d'Evian

74200 THONON LES BAINS

 

Historique et généralités.

Le lapin Russe est aussi appelé Himalaya dans les pays anglo-saxons ainsi que dans toutes les publications scientifiques. Au 19ème siècle on le trouve mentionné, selon les auteurs, comme lapin Chinois, Africain, Egyptien, lapin de Windsor, lapin d' Anvers, lapin au nez noir. Comme l' a dit M. d' Haute-Claire : "S' il n' est pas bon chrétien, ce n' est pas faute, comme on le voit, d' avoir reçu force baptême".

L' Encyclopédie des Sciences publiée en 1765 n' en parle pas.

Il n' en est pas davantage question dans le cours d' Agriculture de l' Abbé Rozier (1809). Mariot-Didieux (1854) fait état du lapin Blanc de chine, à poils ras et à yeux rouges, dont "un grand nombre de sujets ont le bout des pattes et le bout du nez noir". Originaire de la Chine, la race aurait été transportée en Russie, puis en Pologne et ailleurs en Europe. L' auteur poursuit en donnant le prix de la peau de ce lapin, soit 1,50 F pièce. C' est celle qui imite le mieux l' Hermine, d' où sa désignation de fausse hermine.

K.W. KNIGHT, dans son célèbre "Book of the Rabbit", à propos d' une lettre parue dans le "Cottage Gardener" en 1857, demandant l' origine des lapins blancs avec le nez, les oreilles, les pattes et la queue noire, semblables à un couple exposé au Crystal Palace et appelé Africains, fournit des explications sur l' origine présumée de ces animaux : Argentés Gris et Noirs croisés entre eux et achetés chez un marchand de Leadenhall Market, ayant donné à différentes reprises dans la descendance des Africains, dont certains revendus au marché précité seraient à l' origine des lapins vus à Londres.

Charles DARWIN, dans sa "Variation des Animaux et des Plantes" revient sur cette histoire, en y ajoutant aux lapins noirs, argentés des chinchillas. "Le résultat de ces croisements compliqués fut des lapins himalayens".

Il rapporte ensuite que M. BARTLETT, au jardin zoologique de Londres, en croisant simplement des Chinchillas avec des gris argentés obtint toujours quelques himalayens. Le grand naturaliste constate de plus que "ces derniers malgré leur brusque origine se reproduisaient en transmettant fidèlement leur type (c'est à dire toutes leurs caractéristiques), à condition qu' on les fasse croiser entre eux". Ce qui est la conséquence évidente du caractère Albinos du Russe. Il est impossible de citer ici toutes les observations faites par Darwin sur le Russe et sur ses rapports avec l' Argenté, malgré tout l' intérêt qu' elles présentent. Disons seulement qu' avant d' écrire l' himalayen appelé aussi Chinois, Polonais ou Russe, Darwin parle de lapins de Moscou qui "avaient à peu près la coloration des lapins himalayens". Je passe sur les descriptions d' autres auteurs, tels Gayot, Gobin, qui n' apportent rien de plus, pour en arriver à Pierre Megnin, qui, après avoir cité les observations de Darwin dans son ouvrage " Le lapin et ses Races", conclut : "Il pourrait très bien se faire que le lapin Russe ne fut qu' un Albinos du lapin Argenté". Mon regretté Maître, le Professeur Lienhart, s' était rallié à cette opinion de Megnin pour des raisons génétiques.

Eugène Meslay, tant dans son livre les "Races de lapins" (1900) que dans un article publié en mars 1912 dans son journal "Lapins et Cobayes" et intitulé : Provenance du lapin Russe, se contente de reproduire les opinions des anciens auteurs. Les gravures de ceux-ci, ainsi que les descriptions des caractères du Russe qu' ils font, laissent apparaître que le type d' exposition tel que nous le connaissons aujourd'hui' ne s' est véritablement affirmé que dans le dernier tiers du 19ème siècle. Mais en 1900 déjà, certaines photographies montrent que le type et les marques avaient atteint un degré de perfection qui n' a jamais été dépassé depuis.

Pour ce qui est du type proprement dit, deux tendances se sont toujours affrontées, et Eugène Meslay posait déjà la question suivante en 1900 : Court et potelé ou bien allongé et nerveux ? Se référant à plusieurs publications anglaises, et notamment aux livres de Knight et de Rayson, l' empereur des lapins fait bien ressortir les divergences d' idées qui animaient la "Fancy" de l' époque.

D' après Ch. Rayson (1872) la forme dite serpent (snaky) remportait le plus de prix dans les expositions, alors que pour Knight (1881 et 1889) le type court gardait de nombreuses faveurs. Il semble qu' en 1900 l' expression : Bon type allongé (Good snaky type) l' emporte en Angleterre. Aujourd' le type "snaky" reste celui de l' Angleterre et de la Hollande. Le premier standard Français établi par le club des éleveurs de lapins en octobre 1910 demande un type court et potelé. Ce texte fut accepté ensuite par la Société Française de Cuniculture en décembre 1920. On trouve ce même type en Allemagne, et en Suisse, mais dans ce dernier pays la taille est plus importante, en général.

Le standard Français demande donc un corps court et potelé, tout en restant svelte. Harmonieusement arrondi dans toutes ses dimensions, le Russe a une ossature fine et une musculature très serrée, justifiant sa qualité de chair. Il ne doit pas avoir la forme trapue du Hollandais. Poursuivons avec certaines phrases de notre Standard : avant train fermement musclé, ensemble poitrine-épaules bien rempli, croupe pleine et arrondie, râble épais. N' omettons pas de respecter la fourchette des poids en nous souvenant que "pour tirer bon profit du lapin Russe, il faut l' entretenir dans toute sa pureté, avec sa petite taille...", phrase qui date de 1891 !

Les oreilles courtes, effilées, droites et serrées l' une contre l' autre sont très caractéristiques. La fourrure imite l' hermine. Dense, courte et soyeuse dit le standard. Non seulement un Russe "qui a une fourrure trop longue n' a pas l' élégance d' un spécimen à fourrure plus courte" comme le fait observer Woodgate (the complete Book of the Rabbit), mais cela a des répercussions sur l' expression des marques.

Plus la couleur des marques est intense et plus les délimitations de leurs contours sont nettes, plus le sujet a de valeur. Depuis près d' un siècle, tous les pays sont d' accord sur ce point, et Knight insistait déjà dans son livre (the book of the rabbit) sur des contours réguliers, continus, non déchiquetés, sans dentelure. Par couleur pleine, Meslay l' entendait entièrement noire, exempte de tout poil blanc, et correctement délimitée.

Woodgate parle de nuance veloutée, qui situe un noir profond. Le masque de forme ovée entoure complètement le nez, en descendant profondément sur chaque face jusque sous les mâchoires, sans atteindre les yeux, l' expression "boire dans son noir" a été consacrée par les praticiens. Cela est valable pour tous les pays, sauf pour la Suisse qui ne demande qu' une tache ovale, pas trop grande, pas trop large, ne devant pas atteindre la mâchoire inférieure. J.J. Lemarié me disait toujours que Meslay était très difficile sur le masque, notamment pour sa descente de chaque côté du nez selon une ligne droite sans échancrure ; la coloration devant faire tout le tour du museau sur une grande surface. Les oreilles sont totalement noires, avec une séparation à la base aussi nette et tranchée que possible.

La queue est également pigmentée.

La couleur des pattes antérieures recouvre toute la première articulation. Celle des pattes postérieures dépasse le jarret. "Quand les pattes antérieures ne montent pas assez hauts, au lieu de bas noirs, nous avons des socquettes. C' est une grave faute" (Fur and Feather,1970).

Tous ceux qui élèvent des Russes savent que non seulement la teinte des marques évolue avec l' âge des sujets, mais qu' elle est d' une extrême instabilité. Disons, très succinctement, que les Russes naissent comme de vrais albinos, c' c'est-à-dire qu' ils sont roses. Les marques ne se dessinent sur le pelage blanc qu' au bout de quelques mois, pas forcément avec la même rapidité. Il est difficile de dire si un Russe sera bien marqué avant cinq mois et même plus, à moins d' avoir des repaires comparatifs sur des animaux de généalogie contrôlée. Certains sujets prennent plus de temps que d' autres pour colorer leurs extrémités. Ils font souvent de splendides adultes. A partir d' un certain âge, la couleur est à l' affût de l' envahissement dans les zones décolorées. C' est, en résumé, une perpétuelle lutte entre le blanc et le noir, dont les résultats peuvent être différents d' un moment à l' autre.

Le Russe est incontestablement le lapin le plus difficile à obtenir et à maintenir dans un état de coloration souhaitée. La sélection individuelle généalogique ininterrompue, avec une pression de sélection rigoureuse à chaque génération, et sans introduction intempestive d' éléments étrangers comme géniteurs, permet de mieux maîtriser la variation des marques. Cela n' empêche de bien respecter l' âge de la meilleure exhibition de l' animal. Avant et au-delà de cet âge, l' animal est en phase de croissance ou s' il le mérite reste au clapier comme reproducteur. Celui-ci évolue alors constamment dans le sens de l' accentuation des marques. Dans le cas contraire, son potentiel pigmentaire est généralement insuffisant, et il est hasardeux de l' utiliser comme géniteur.

L' élevage du Russe doit se pratiquer sans brusque variation de milieu, ce qui vaut aussi bien pour le logement que pour l' alimentation. On évite ainsi de créer des déséquilibres physiologiques déclenchant des modifications pileuses anormales. L' évolution des marques suit alors normalement le rythme des mues saisonnières, sans qu' il soit nécessaire d' élever les animaux dans des conditions spéciales.

Bibliographie : La France Cunicole (novembre 1973, Jacques ARNOLD)

Caractéristiques essentielles à rechercher

VOIR AUSSI: Présentation du Russe par J Arnold