Généralités

Les lapins sont des mammifères placentaires appartenant à l'ordre des Lagomorphes, à la famille des Léporidés et au genre Oryctolagus.

Classés autrefois dans l'ordre des Rongeurs avec qui ils présentent des traits caractéristiques semblables, ils s'en différencient cependant par certaines particularités et, notamment, par :

· le mouvement latéral des mâchoires durant la mastication (déplacement d'avant en arrière chez les Rongeurs);

· deux paires d'incisives, placées l'une derrière l'autre à la mâchoire supérieure (une seule paire chez les Rongeurs);

· le nombre de doigts de pieds antérieurs et postérieurs.

Ils possèdent, comme les Rongeurs, une dentition caractérisée, d'une part, par le développement très prononcé et la forme recourbée des incisives, à poussée continue à partir de cavités pulpaires, ouvertes et à table d'usure rapide en biseau; d'autre part, par l'absence de canine, un interstice édenté étant situé entre les incisives et les molaires, toutes deux sans racines.

Leur formule dentaire se décompose ainsi  :   I 4/2                 C 0/0               PM 6/4              M 6/6

Leur intestin, remarquablement long, est le lieu d'un comportement physiologique particulier, connu sous le nom de Caecotrophie. A côté des excréments secs ou crottes normales, riches en débris végétaux grossiers répandus dans leur habitat, les lapins évacuent régulièrement des amas de boulettes fécales humides et visqueuses, appelées caecotrophes, qu'ils ingèrent dès leur sortie de l'anus, ce qui provoque un second passage à travers le tube digestif de ces matières.

La peau extensible et mobile est couverte de poils disposés dans des follicules pileux et formés de cellules épidermiques cornées (kératinisées).

La tête est longue et se termine par le nez. Les lèvres sont mobiles et préhensibles. La lèvre supérieure fendue porte de longs poils tactiles au niveau des narines (vibrisses). Les yeux sont grands et situés assez loin sur les côtés de la tête qui supporte à son sommet de longues oreilles en forme de cornet.

Les membres postérieurs qui se terminent par quatre doigts sont plus longs que les membres antérieurs pourvus de cinq doigts. La queue est relativement courte.

Le lapin de garenne dont sont issues les races domestiquées, décrites dans le Recueil des Standards, appartient à l'espèce Oryctolagus Cuniculus.

Les différentes races et variétés cunicoles sont toutes des variations génétiques du lapin de garenne. Elles sont apparues au cours des siècles, soit fortuitement (Castorrex), soit à l'aide d'accouplements dirigés, effectués par les éleveurs à l'intérieur d'une population raciale existante (Blanc de Hotot) ou au moyen de croisements raciaux (Blanc du Bouscat). Dans tous les cas, les races, une fois leurs caractères principaux isolés et considérés reproductibles, ont été suivies et perfectionnées par les cuniculteurs qui ont ainsi contribué à l'heureuse évolution de chacune d'entre elles.

La France a été à la pointe de l'isolement et du perfectionnement des races de lapins. Alors qu'au début du 19e siècle, le cours d'agriculture de l'abbé ROZIER ne mentionnait que quatre races : Lapin commun (Blanc, Gris-roux ou Fauve), lapin riche ou Argenté, lapin Angora et lapin Patagonien ou Géant, on trouve déjà à la fin du 19e siècle, dans le traité de Zootechnie du professeur CORNEVIN, douze races parmi lesquelles le lapin ordinaire, le Lièvre Belge, l'Argenté, le Papillon, le Noir et Feu, le Japonais, l'Angora, le Géant des Flandres, le Russe, le Bélier et le Hollandais.

L'expert cunicole de renommée mondiale, Eugène MESLAY, fut, au début de notre siècle, le grand maître de la cuniculture française. On lui doit notamment les premières monographies complètes des races de lapins publiées en France. Ses travaux de description sont sans conteste le prélude à tous les standards édités depuis.

Parmi les cuniculteurs, créateurs et améliorateurs de races dans la première moitié de notre siècle, il convient de citer Mlle J. LEMARIE (Havane et Grand Russe), M. et Mme Paul DULON (Bouscat), Mme Eugène BERNHARD (Hotot), Mme DOUILLARD (Vendée), MM. Albert RENARD (Fauve de Bourgogne), J.J. DYBOWSKI (Chinchilla), FRAINEAU (Zibeline), Ch. KAUFFMANN (Brun marron de Lorraine), l'abbé GILLET (Castorrex), KOHLER, RUOS et A. WILTZER (Rex de couleur).

Le nombre et la diversité des races de lapins élevées à travers le monde, qui vont des races dites Géantes (Flandres, Bélier...) jusqu'aux races à nanisme caractérisé (Polonais, Nains de couleur...) en passant par les races considérées de moyen (Bourgogne, Champagne, Vienne...) et de petit format (Russe, Chinchilla, Feu Noir...) avec les variantes pileuses inhérentes aux Angoras, aux Rex ou aux Satins plus spécialement, constituent un véritable réservoir génétique de populations où les caractères répertoriés se reproduisent fidèlement.

Les souches ou familles suffisamment personnalisées, générées par ces races, servent toujours avantageusement à réaliser des croisements destinés au façonnement de troupeaux commerciaux utilisés pour une production déterminée (chair, par exemple).

Tous les Standards constituent un ensemble de descriptions précises et mises à jour des caractères raciaux des populations cunicoles élevées en France.

Position zoologique

Fragment de l’Arbre phylogénétique des Vertébrés - Selon des éléments du Muséum National d’Histoire Naturelle (2006)

 

CLASSE DES MAMMIFÈRES

THÉRIENS

PLACENTAIRES OU EUTHÉRIENS

BORÉOEUTHÉRIENS

 

GLIRES

Ordre des LAGOMORPHES

Famille des LÉPORIDES

Genre ORYCTOLAGUS

Espèce ORYCTOLAGUS CUNICULUS (Lapin de garenne)

LAPIN DOMESTIQUE

Esquisse génétique

Chaque lapin hérite de ses ascendants nombre de caractères, visibles ou non, qu'ils lui ont transmis et qui lui assurent une ressemblance plus ou moins prononcée avec eux.

La génétique, ou science de l'hérédité, fournit les moyens de mieux connaître le mécanisme de transmission de ces caractères tout en permettant de mieux cerner la valeur de certaines ressemblances qui exis­tent entre animaux de même espèce.

Elle nous apprend qu'en tant qu'être vivant, chaque lapin est détenteur d'un patrimoine héréditaire, appelé GÉNOTYPE.

Celui-ci détermine, en même temps que son comportement dans le milieu où il vit, son aspect extérieur, appelé PHÉNOTYPE.

Les chromosomes, constitués de longues chaînes d'ADN et de pro­téines, sont placés par paires dans chaque cellule de l'organisme et supportent les gènes, chacun permettant l'expression d'un, d'une par­tie ou de plusieurs caractères.

Chaque cellule d'une espèce donnée comporte un nombre fixe de chromosomes, nombre invariable d'un animal à l'autre. Le lapin en possède 22 paires. Chaque paire est formée d'un chromosome légué par la mère et d'un autre légué par le père. Elles sont dites allélomorphiques car chacune est formée de deux chromosomes de même forme, sauf pour la paire de chromosomes sexuels où ils diffèrent chez le mâle. Parallèlement, les gènes sont également groupés par paires, chaque élément de la paire formant un allèle. S'ils sont identiques (on parle d'homozygotie), ils s'expriment conjointement avec le même effet. S'ils sont dissemblables (on parle d'hétérozygotie), l'expression de l'un masque en général celle de l'autre.

La répartition et l'imbrication des gènes, supports moléculaires néces­saires à l'expression des caractères, assurent la conception des êtres vivants dont le patrimoine héréditaire global est unique pour chaque lapin. En effet, au cours de la fécondation, tout géniteur cède un nombre égal de chromosomes correspondant à la moitié de ce qu'il possède dans les autres cellules mais le mécanisme de la formation des cellules sexuelles (ovule et spermatozoïde) puis leur rapprochement pour former un œuf, futur embryon, peut se faire selon un nombre presque infini de combinaisons, toutes aboutissant à l'élaboration d'un être différent à partir des mêmes parents.

D'une façon générale, certains s'héritent en bloc (phénomène de linkage) et manifestent leurs effets plus ou moins groupés et interactifs pour aboutir à la formation d'un animal qui possède ainsi un type déterminé. Ce phénotype représente l'ensemble des caractéristiques permettant de reconnaître un animal, qu'il s'agisse de traits morphologiques comme la couleur du pelage, la taille des oreilles etc... ou de particularités physiologiques telles que celles inhérentes à la reproduction. En résumé, tout ce qui caractérise un animal situe et représente son phénotype. Ce qui est transmis d'une génération à la suivante est la capacité à réaliser ce phénotype et trouve son fonde­ment dans le génotype, support matériel (ensemble des gènes) qui tra­verse les générations par l'intermédiaire des cellules sexuelles.

Les lois de MENDEL (du nom du moine tchèque qui réalisa au XIXe siècle les premiers travaux statistiques concernant la transmission des caractères héréditaires), régissent la génétique. Elles s'adaptent à tous les caractères qui peuvent être sélectionnés et chaque éleveur doit les gar­der présentes à l'esprit lorsqu'il effectue ses plans d'accouplements. Les trois mots clefs à retenir de ces lois sont DOMINANCE, DISJONCTION et INDÉPENDANCE des caractères ou plus précisément des gènes per­mettant leur expression.

A l'aide d'exemples simples et démonstratifs (ce qui est rarement le cas en élevage où les choses sont généralement un peu plus complexes), il est possible de comprendre et d'interpréter correctement ces mots.

Le croisement d'un lapin coloré supposé homozygote (on dit encore abusivement "pur") pour le caractère "coloré" avec un lapin albinos également homozygote pour ce caractère ne fournit en première géné­ration (dite génération F1) que des lapins colorés. On dit que le gène C+ conditionnant l'apparition de la couleur domine les effets du gène c, récessif, inhibant tout développement pigmentaire.

En accouplant entre eux des animaux de cette première génération (colorés X albinos) de génotype "C +/c",

on constate que leur descen­dance est composée d'une grande majorité de lapins colorés et de quelques albinos. Nous avons obtenu ce que l'on nomme la génération F2. Au cours de la formation des spermatozoïdes et des ovules, il y a eu disjonction des allèles C+ et c, pourtant réunis dans les cellules des animaux représentant la FI.

Il faut également préciser que si la pureté (homozygotie) des lapins à pelage coloré n'est pas décelable d'emblée puisqu'il n'est pas possible de distinguer visuellement un animal homozygote de génotype C+ C+ d'un hétérozygote de génotype C+ c, il est possible en revanche d'affirmer l'homozygotie des albinos de génotype c c, c étant récessif par rapport à C +. Un caractère récessif qui s'exprime implique toujours son homozygotie.

Pour illustrer l'indépendance des facteurs héréditaires, nous prendrons l'exemple historique de l'obtention des Rex de couleur. Ainsi, à l'issue des croisements entre des Castorrex et des lapins à pelage normal de couleur autre que le gris garenne, prenons le cas d'un lapin bleu en exemple, il peut apparaître dès la deuxième génération des Rex bleus, des bleus à pelage normal, des Castorrex et des gris garenne à pela­ge normal. On en conclut que la pigmentation est indépendante de la nature de la fourrure.

A partir d'un phénotype déterminé, ont été établies les différentes for­mules génétiques possibles. La pigmentation a été et reste un objet d'études privilégié pour le généticien. Les différents génotypes établis permettent de comparer et de classer les différents modèles. Les symboles utilisés, s'ils restent schématiques et pas toujours très proches de la réalité phénotypique, permettent de faire une meilleure approche des potentiels héréditaires et d'éviter certains accouplements peu recommandés pour une raison ou une autre.

Les principaux symboles classiquement reconnus sont :

A+ : permet l'expression du modèle dit agouti où les poils sont zonés. On distingue pour le manteau des lapins agoutis une couleur (extérieure), une entre-couleur et une sous-couleur (à la base du poil). Le ventre   d'apparence unipigmentée est en réalité formé de poils à deux zones. A+ est dominant sur at (modèle feu) et a (modèle unicolore).

B+ : c'est le signe retenu pour l'expression des pigments noirs. Il est dominant sur b qui régit la synthèse des pigments bruns.

C+ : caractérise les animaux entièrement colorés et domine Ch (Russe),cch (Chinchilla) et surtout c (Albinos).

D+ : existe chez les animaux dont les pigments ne subissent pas de diminution d'intensité. Il domine d existant chez les lapins dont la pigmentation est altérée (bleu et beige). d est le symbole de dilution.

E+ : exprime une pleine expression pigmentaire de la bande phaéomélanique des poils sans altération aucune. Il domine ej (japonais) et e (fauve vrai sans aucun pigment noir) mais est récessif par rapport à Ed (gris fer).

A partir de ces symboles, voici quelques exemples de formules géné­tiques correspondant à la représentation traditionnelle des modèles de pigmentation connus chez le lapin (le symbole «-» signifie que tout autre allèle, quel qu'il soit, peut se trouver à cette place sans altérer le modèle) :

A+ B+ C+ D+ E+
---------------------- :     Agouti (gris garenne sauvage)
-    -     -    -    -

 

A+ B+ ccd D+ E+
----------------------   :    Chinchilla
-    -    cch -    -

 

a  B+ C+ D+ E+
---------------------  :     Noir unicolore
a   -    -     -     -

A+ B+ C+ D+
---------------------- :     Fauve
-    -     -    -    e

 

-- -- cc -- -- :      Albinos

 

Ces exemples très simplifiés ne font pas état de toutes les subtilités révé­lées par les phénomènes de dominance partielle, polygénie et autres épistasies et ne sont là que pour permettre une approche aisée des mécanismes principaux. Ils permettent de comprendre pourquoi l'héré­dité n'est pas un simple continuum avec ressemblance systématique entre ascendants et descendants mais au contraire une source de variation que la sélection essaie d'orienter.

Desciption d'ensemble

Type

Toutes les races de lapins possèdent un type déterminé. Celui-ci peut être propre à une race (ex. : Lièvre Belge) ou, au contraire, commun à plusieurs races (ex. : type ramassé du Bélier Français, du Fauve de Bourgogne... ).

L'aspect général et la taille d'un lapin (et par extrapolation son poids) forment les coordonnées du type de l'animal. On distingue les types svelte (ex : Lièvre Belge), cylindrique (ex : Lapins de Vienne), conique (ex : Blanc de Vendée) et ultra convexe (ex : Béliers). Par ailleurs, un lapin de type ramassé est dit bréviligne à l'inverse d'un lapin de type allongé dont on dit qu'il est longiligne.

L'aspect général se rapporte à la vision globale de toutes les parties du corps de l'animal : tronc, tête, membres formés de différents tissus (osseux, musculaires, nerveux, conjonctifs...) constituant parfois des organes à visée fonctionnelle spécialisée (poumons, intestins, foie, coeur...). Tous concourent à réaliser l'ensemble de sa constitution corporelle.

La taille dépend de l'élongation du squelette de l'animal permettant de classer les lapins en races géantes, moyennes, petites et naines.

Le poids, reflet de l'accroissement de tout ou partie des tissus, doit toujours aider à parfaire l'équilibre structural du lapin ce qui transparaît au travers de son allure constamment empreinte de puissance et de souplesse.

Pour la grande majorité des races, à l'exception des nains, la simple vision d'ensemble de l'animal doit permettre de différencier les sexes. Les têtes larges et fortes, les thorax puissamment développés, les membres relativement épais, la musculature bien extériorisée caracté­risent généralement les mâles. Les femelles présentent, toutes proportions gardées, plus de finesse générale. Leurs têtes sont plus étroites et plus fines; leurs corps paraissent plus allongés avec une ossature un peu plus légère. Seuls leurs arrière-trains ont un développement plus accentué avec un bassin large.

 

Les principales parties du corps du lapin sont les suivantes :

La tête

Qui comprend la face, le front et le crâne.
La face s'étend d'avant en arrière des maxillaires supérieurs et inférieurs jusqu'en partie haute (caudale) des os nasaux constituant le chanfrein et déborde sur les côtés jusqu'aux os des pommettes. L'os frontal, sous lequel est situé l'orbite oculaire, entame la partie du crâne constituée également des os pariétaux, de l'os occipital qui s'articule sur la première vertèbre et des os temporaux latéraux dotés chacun d'un orifice : le trou auditif.

Sa configuration laisse apparaître un front large, un chanfrein plus ou moins incurvé, un nez assez prononcé. La tête se termine enfin par les lèvres supérieure et inférieure. Latéralement, les joues sont bien remplies.

Les yeux bien ouverts sont vifs et expressifs.

Coiffant la tête, les oreilles velues et pourvues de puissantes attaches cartilagineuses, tout particulièrement à leur base, s'arrondissent plus ou moins à leurs extrémités.

 

Le cou

Où débute la colonne vertébrale avec sept vertèbres cervicales paraît court et suffisamment musclé assurant le passage sans transition perceptible de la tête au tronc (nuque).

 

Le tronc

Est caractérisé par :
une ligne dorsale s'étendant de la nuque à la croupe où se poursuit la colonne vertébrale charpentée par douze vertèbres thoraciques puis sept lombaires. Sa trajectoire est régulière, plus ou moins incurvée, sans aucun affaissement ou saillie. Vue de dessus, cette ligne dorsale a une largeur quasiment identique sur toute son étendue avec toutefois un épaississement des masses musculaires au niveau du râble,

des épaules bien développées et serrées au corps, ce qui rend peu perceptible le mouvement des scapula (l'équivalent animal des omoplates de l'homme) dont les fosses sont garnies de muscles. Elles se prolongent par un bras musclé dont l'os est l'humérus,

une région pectorale ample et suffisamment descendue qui ne laisse pas percevoir de saillie sternale,

des côtes (sternales et asternales) correctement arquées et s'étirant latéralement et d'avant en arrière donnant une configuration quelque peu courbée au thorax,

un abdomen non distendu et de bon maintien,

une croupe supportée par quatre vertèbres sacrées soudées, les os du bassin auxquels s'ajoutent les premières vertèbres coccygiennes. Elle est franchement arrondie, sans saillie osseuse et se prolonge latéralement par les cuisses dont les os sont les fémurs. Celles-ci sont très charnues et modèlent la partie arrière du tronc sans écartement démesuré

 

La queue

Prend naissance à la base de la croupe et se plaque sur le corps du lapin. Elle est suffisamment longue et inclut les dernières vertèbres coccygiennes encore dits caudales.

 

Les membres

Comprennent :
en prolongement des épaules et des bras, les membres antérieurs formés de l'avant-bras (dont les os sont le radius et l'ulna), les os du carpe et du métacarpe correspondant à ceux de notre poignet et de la paume de notre main. Ils sont posés sur cinq doigts ongulés,

en prolongement des cuisses qui en font partie, les membres posté­rieurs sont repliés sur eux-mêmes. Partant des genoux (jonction fémoro-tibiale dont l'amplitude est limitée par la patelle, équivalent de notre rotule), ils se continuent par la jambe dont les os sont le tibia et la fibula. Viennent ensuite les os du tarse dont l'arrière forme le talon et ceux du métatarse. Ils se terminent par quatre doigts pourvus d'ongles.

 

 

Le fanon

Résultant d'un décollement transversal de la peau qui se fait plus lâche, lorsqu'il est admis chez la femelle doit rester simple et localisé à la partie antérieure du cou, régulièrement arrondi et non dévié.

 

Le bouton

Excroissance glandulaire et peaucière bordant le menton des mâles, ne doit pas avoir de taille excessive, ni résulter d'une inflammation locale caractérisée

Comportement et particularités

Quelques caractéristiques 

Le lapin émet des sons, il fait du bruit :

Il couine (cri plaintif), glapit (cri bref et aigu), grogne, souffle (peu audible).

 

On peut rajouter le grincement des dents, c’est le symptôme de douleurs importantes.

 

Citons aussi la frappe du sol avec les pattes arrières, signe d’excitation et de mauvaise humeur. Cette frappe du sol sert également à prévenir ses congénères d’un danger immédiat.

 

 

 

Sa vue et les yeux :
Ses yeux couvrent un champ visuel panoramique complet, même au dessus de lui. Avec la mobilité du cou, sa vision est quasi circulaire.

 

Il ne perçoit pas les reliefs.

 

Il distingue mal les couleurs, mais peut différencier le vert et le rouge.

 

Le soleil éblouit le lapin et réduit sa capacité visuelle. Une lumière violente, allumée brusquement, dans un lieu plongé dans le noir, panique l’animal qui se met alors à courir en tous sens.

 

Ses yeux peuvent bouger ensemble ou séparément.

 

Sans bouger la tête, il est difficile au lapin de voir correctement ce qui se trouve devant lui à une distance de moins de deux mètres.

 

Ses yeux ne sont pas dotés, derrière la rétine, d’un miroir réfléchissant. La couleur rouge des yeux de certains lapins vient de l’absence de pigment coloré dans les structures de l’œil tel que l’iris. Chez l’albinos notamment, on aperçoit la couche de vaisseaux sanguins du fond de l’œil.

 

Image albinos

Géant Blanc du Bouscat

 

 

 

Le nez et l'odorat :
Les lapins ont un odorat nettement plus développé que celui de l’homme.

 

Les incessants mouvements caractéristiques du nez, alternativement, découvrent et recouvrent un minuscule coussinet ovale situé sur le septum qui sépare les narines droite et gauche. Ce renflement contient des organes sensoriels microscopiques qui interviennent dans la perception des odeurs.

 

La muqueuse du nez est extrêmement sensible.

 

Marquage du territoire :
Pour marquer ses possessions, son territoire et se reconnaître, le lapin utilise trois glandes produisant des substances odorantes. Elles se situent au niveau :

 

→ du menton (glandes sous-mentonnières). Ces glandes sont positionnées sous la langue et leurs sécrétions sortent sous le menton, par plusieurs pores. Avec son menton, il frotte les objets. A l’aide de ses pattes arrière il se gratte le menton et les repose sur le sol aux endroits choisis.

 

→ de l’anus (glandes anales). Elles sont situées de chaque côté de l’extrémité de l’anus. Le lapin imprègne ainsi ses excréments.

 

→ de l’orifice génital (glandes inguinales). On les trouve dans les replis cutanés non velus de chaque côté de l’orifice génital. Elles dégagent un fort parfum, perceptible par l’homme. Ces glandes permettent au lapin de parfumer son urine.

 

Ces marquages font office de véritable carte d’identité, Ils permettent notamment d’identifier un individu étranger (sexe, âge) et de détecter notamment si une femelle est disposée à l’accouplement. Ils servent au lapin à borner son territoire.

 

Les sujets dominants possèdent des glandes plus volumineuses leur permettant ainsi, un marquage plus intense.

 

La cæcotrophie :
Comportement très particulier du lapin. En effet la digestion du lapin produit deux sortes d’excréments :

 

Les crottes dures, sèches, en forme de bille, très chargées en débris végétaux, déposés dans la litière.
Crottes dures Image crottes dures

 

Les cæcotrophes, grappe de petites crottes molles, enrobés de mucus, riche en eau. On trouve rarement ces excréments dans la litière.

 

Cæcotrophe Image caecotrophe

 

Après la prise de nourriture, la digestion commence. Les aliments passent par l’estomac et ensuite dans l’intestin grêle. Lors de cette étape, les éléments les plus faciles à récupérés (graisses, sucres, vitamines et protéines) passent dans le sang. Le reliquat des aliments se retrouve ensuite dans le cæcum.

 

Il se forme au niveau du cæcum et du colon, de petites pilules, ce sont les cæcotrophes. S’il n’est pas dérangé, le lapin prélève ces cæcotrophes, produites par les contractions du cæcum, à la sortie de l’anus et les ré-ingère sans les mâcher, après les avoir enveloppées de salive.

 

Dans les cæcotrophes, le lapin trouve des aliments mal digérés et une abondance de corps microbiens, source de protéines et de vitamines (notamment du complexe B) provenant du cæcum. Sans la cæcotrophie, ces aliments très riches seraient perdus car il n’y a pas d’absorption digestive notable au niveau du cæcum, colon et gros intestin. Ainsi, son système digestif à une seconde chance d’assimiler et d’absorber les nutriments bénéfiques à son organisme. Les fibres indigestibles sont alors détournées du cæcum et dirigées directement dans le colon, où les liquides sont retirés ; sont émises alors les crottes définitives, dures et foncées.

 

Cette récupération est semblable à celle des ruminants vis à vis des produits formés dans la panse qui se trouve, elle, au début de l’appareil digestif.

 

Comme on peut le constater, l’habitude apparemment désagréable d’ingérer ses propres excréments est une partie normale de la physiologie du lapin.

Les oreilles et l'ouïe :
C’est certainement le sens le plus développé chez le lapin. Il est aidé en cela par la taille de ses oreilles et leur extrême mobilité. Elles peuvent bouger indépendamment l’une de l’autre et notamment pivoter rapidement. Les oreilles captent ainsi le moindre bruit ce qui permet de localiser avec précision le danger.

 

Très souvent, en situation d’alerte, le lapin se positionne sur ses pattes postérieures et dresse ses oreilles. Il se grandit au maximum et améliore ainsi son écoute, sa vue et son odorat.

 

Les oreilles couchées en arrière, plaquées sur le dos, sont l’expression :

 

→ d’un stress (peur).

 

→ d’un mauvais état de santé (dans ce cas, d’autres signes sont également   visibles, notamment le lapin 
reste immobile, blotti).

 

Attention, en période de repos, les oreilles sont naturellement positionnées en arrière.

 

Image lapin stressé
Fauve de Bourgogne stressé (photographie Samuel BOUCHER)

 

Le toucher:
La peau des lapins présente des récepteurs sensoriels répartis sur tout le corps. C’est pour cette raison que les lapins aiment se blottir les uns contre les autres.

 

Les vibrisses (poils situés au niveau des narines sur les joues et au-dessus des yeux) ont un rôle tactile très important notamment dans l’obscurité.

 

Les nerfs sensoriels situés à l’extrémité des racines des poils, enregistrent les stimuli tactiles. C’est grâce à cela que le lapin détecte les mouvements d’air, s’oriente dans le noir ou discerne avec précisions les dimensions d’un orifice.

 

Image vibrisses

Nain Gris Garenne

 

 

 

Le goût :
Les lapins ont un sens gustatif plus développé que les humains.

 

Leur bouche et la cavité pharyngée possèdent environ 17 000 papilles gustatives, l’être humain s’en contente de 10 000, et le pigeon d’une cinquantaine.

 

Le lapin distingue le sucré, l’acide, l’amer et le salé.

Température et chaleur :
La température normale du lapin en bonne santé est comprise entre 38,5° et 39.6°, (on retient habituellement 39.1°C).

 

Les lapins apprécient un environnement tempéré, dans une fourchette de température comprise entre 14 et 18°C.

 

Attention a partir de 26°C le lapin souffre et s’épuise très rapidement. Ces températures élevées pour lui, ont des conséquences sur la fertilité, l’appétit et la digestion.

 

Le lapin ne transpire pas (sauf sous les pattes). Pour lutter contre la chaleur il va augmenter le rythme de sa respiration, dilater les vaisseaux de ses oreilles et s’étaler de tout son long au contact d’une surface plus froide. Cette lutte fatigue le lapin, et, lorsque les fortes chaleurs perdurent, l’animal est exposé à des accidents métaboliques aigus (acidose métabolique), entraînant la mort.

 

 

Vitesse :
Elle est au maximum de 38 km/h. Le lièvre peut atteindre 80 km/h et contrairement à ce dernier il n’est pas très résistant sur les longs parcours.

 

Autres comportements :
Il se tient en boule. L’animal est apathique, reste blotti les yeux mi-clos et ne se nourrit plus. Le sujet est malade.

 

Il se lèche. Le lapin effectue son toilettage, soigne ses petites blessures.

 

Il lèche ses congénères. Cette attitude renforce les liens entre les individus.