Les lapins sont des mammifères placentaires appartenant à l'ordre des Lagomorphes, à la famille des Léporidés et au genre Oryctolagus.

Classés autrefois dans l'ordre des Rongeurs avec qui ils présentent des traits caractéristiques semblables, ils s'en différencient cependant par certaines particularités et, notamment, par :

· le mouvement latéral des mâchoires durant la mastication (déplacement d'avant en arrière chez les Rongeurs);

· deux paires d'incisives, placées l'une derrière l'autre à la mâchoire supérieure (une seule paire chez les Rongeurs);

· le nombre de doigts de pieds antérieurs et postérieurs.

Ils possèdent, comme les Rongeurs, une dentition caractérisée, d'une part, par le développement très prononcé et la forme recourbée des incisives, à poussée continue à partir de cavités pulpaires, ouvertes et à table d'usure rapide en biseau; d'autre part, par l'absence de canine, un interstice édenté étant situé entre les incisives et les molaires, toutes deux sans racines.

Leur formule dentaire se décompose ainsi  :   I 4/2                 C 0/0               PM 6/4              M 6/6

Leur intestin, remarquablement long, est le lieu d'un comportement physiologique particulier, connu sous le nom de Caecotrophie. A côté des excréments secs ou crottes normales, riches en débris végétaux grossiers répandus dans leur habitat, les lapins évacuent régulièrement des amas de boulettes fécales humides et visqueuses, appelées caecotrophes, qu'ils ingèrent dès leur sortie de l'anus, ce qui provoque un second passage à travers le tube digestif de ces matières.

La peau extensible et mobile est couverte de poils disposés dans des follicules pileux et formés de cellules épidermiques cornées (kératinisées).

La tête est longue et se termine par le nez. Les lèvres sont mobiles et préhensibles. La lèvre supérieure fendue porte de longs poils tactiles au niveau des narines (vibrisses). Les yeux sont grands et situés assez loin sur les côtés de la tête qui supporte à son sommet de longues oreilles en forme de cornet.

Les membres postérieurs qui se terminent par quatre doigts sont plus longs que les membres antérieurs pourvus de cinq doigts. La queue est relativement courte.

Le lapin de garenne dont sont issues les races domestiquées, décrites dans le Recueil des Standards, appartient à l'espèce Oryctolagus Cuniculus.

Les différentes races et variétés cunicoles sont toutes des variations génétiques du lapin de garenne. Elles sont apparues au cours des siècles, soit fortuitement (Castorrex), soit à l'aide d'accouplements dirigés, effectués par les éleveurs à l'intérieur d'une population raciale existante (Blanc de Hotot) ou au moyen de croisements raciaux (Blanc du Bouscat). Dans tous les cas, les races, une fois leurs caractères principaux isolés et considérés reproductibles, ont été suivies et perfectionnées par les cuniculteurs qui ont ainsi contribué à l'heureuse évolution de chacune d'entre elles.

La France a été à la pointe de l'isolement et du perfectionnement des races de lapins. Alors qu'au début du 19e siècle, le cours d'agriculture de l'abbé ROZIER ne mentionnait que quatre races : Lapin commun (Blanc, Gris-roux ou Fauve), lapin riche ou Argenté, lapin Angora et lapin Patagonien ou Géant, on trouve déjà à la fin du 19e siècle, dans le traité de Zootechnie du professeur CORNEVIN, douze races parmi lesquelles le lapin ordinaire, le Lièvre Belge, l'Argenté, le Papillon, le Noir et Feu, le Japonais, l'Angora, le Géant des Flandres, le Russe, le Bélier et le Hollandais.

L'expert cunicole de renommée mondiale, Eugène MESLAY, fut, au début de notre siècle, le grand maître de la cuniculture française. On lui doit notamment les premières monographies complètes des races de lapins publiées en France. Ses travaux de description sont sans conteste le prélude à tous les standards édités depuis.

Parmi les cuniculteurs, créateurs et améliorateurs de races dans la première moitié de notre siècle, il convient de citer Mlle J. LEMARIE (Havane et Grand Russe), M. et Mme Paul DULON (Bouscat), Mme Eugène BERNHARD (Hotot), Mme DOUILLARD (Vendée), MM. Albert RENARD (Fauve de Bourgogne), J.J. DYBOWSKI (Chinchilla), FRAINEAU (Zibeline), Ch. KAUFFMANN (Brun marron de Lorraine), l'abbé GILLET (Castorrex), KOHLER, RUOS et A. WILTZER (Rex de couleur).

Le nombre et la diversité des races de lapins élevées à travers le monde, qui vont des races dites Géantes (Flandres, Bélier...) jusqu'aux races à nanisme caractérisé (Polonais, Nains de couleur...) en passant par les races considérées de moyen (Bourgogne, Champagne, Vienne...) et de petit format (Russe, Chinchilla, Feu Noir...) avec les variantes pileuses inhérentes aux Angoras, aux Rex ou aux Satins plus spécialement, constituent un véritable réservoir génétique de populations où les caractères répertoriés se reproduisent fidèlement.

Les souches ou familles suffisamment personnalisées, générées par ces races, servent toujours avantageusement à réaliser des croisements destinés au façonnement de troupeaux commerciaux utilisés pour une production déterminée (chair, par exemple).

Tous les Standards constituent un ensemble de descriptions précises et mises à jour des caractères raciaux des populations cunicoles élevées en France.