Quelques caractéristiques 

Le lapin émet des sons, il fait du bruit :

Il couine (cri plaintif), glapit (cri bref et aigu), grogne, souffle (peu audible).

 

On peut rajouter le grincement des dents, c’est le symptôme de douleurs importantes.

 

Citons aussi la frappe du sol avec les pattes arrières, signe d’excitation et de mauvaise humeur. Cette frappe du sol sert également à prévenir ses congénères d’un danger immédiat.

 

 

 

Sa vue et les yeux :
Ses yeux couvrent un champ visuel panoramique complet, même au dessus de lui. Avec la mobilité du cou, sa vision est quasi circulaire.

 

Il ne perçoit pas les reliefs.

 

Il distingue mal les couleurs, mais peut différencier le vert et le rouge.

 

Le soleil éblouit le lapin et réduit sa capacité visuelle. Une lumière violente, allumée brusquement, dans un lieu plongé dans le noir, panique l’animal qui se met alors à courir en tous sens.

 

Ses yeux peuvent bouger ensemble ou séparément.

 

Sans bouger la tête, il est difficile au lapin de voir correctement ce qui se trouve devant lui à une distance de moins de deux mètres.

 

Ses yeux ne sont pas dotés, derrière la rétine, d’un miroir réfléchissant. La couleur rouge des yeux de certains lapins vient de l’absence de pigment coloré dans les structures de l’œil tel que l’iris. Chez l’albinos notamment, on aperçoit la couche de vaisseaux sanguins du fond de l’œil.

 

Image albinos

Géant Blanc du Bouscat

 

 

 

Le nez et l'odorat :
Les lapins ont un odorat nettement plus développé que celui de l’homme.

 

Les incessants mouvements caractéristiques du nez, alternativement, découvrent et recouvrent un minuscule coussinet ovale situé sur le septum qui sépare les narines droite et gauche. Ce renflement contient des organes sensoriels microscopiques qui interviennent dans la perception des odeurs.

 

La muqueuse du nez est extrêmement sensible.

 

Marquage du territoire :
Pour marquer ses possessions, son territoire et se reconnaître, le lapin utilise trois glandes produisant des substances odorantes. Elles se situent au niveau :

 

→ du menton (glandes sous-mentonnières). Ces glandes sont positionnées sous la langue et leurs sécrétions sortent sous le menton, par plusieurs pores. Avec son menton, il frotte les objets. A l’aide de ses pattes arrière il se gratte le menton et les repose sur le sol aux endroits choisis.

 

→ de l’anus (glandes anales). Elles sont situées de chaque côté de l’extrémité de l’anus. Le lapin imprègne ainsi ses excréments.

 

→ de l’orifice génital (glandes inguinales). On les trouve dans les replis cutanés non velus de chaque côté de l’orifice génital. Elles dégagent un fort parfum, perceptible par l’homme. Ces glandes permettent au lapin de parfumer son urine.

 

Ces marquages font office de véritable carte d’identité, Ils permettent notamment d’identifier un individu étranger (sexe, âge) et de détecter notamment si une femelle est disposée à l’accouplement. Ils servent au lapin à borner son territoire.

 

Les sujets dominants possèdent des glandes plus volumineuses leur permettant ainsi, un marquage plus intense.

 

La cæcotrophie :
Comportement très particulier du lapin. En effet la digestion du lapin produit deux sortes d’excréments :

 

Les crottes dures, sèches, en forme de bille, très chargées en débris végétaux, déposés dans la litière.
Crottes dures Image crottes dures

 

Les cæcotrophes, grappe de petites crottes molles, enrobés de mucus, riche en eau. On trouve rarement ces excréments dans la litière.

 

Cæcotrophe Image caecotrophe

 

Après la prise de nourriture, la digestion commence. Les aliments passent par l’estomac et ensuite dans l’intestin grêle. Lors de cette étape, les éléments les plus faciles à récupérés (graisses, sucres, vitamines et protéines) passent dans le sang. Le reliquat des aliments se retrouve ensuite dans le cæcum.

 

Il se forme au niveau du cæcum et du colon, de petites pilules, ce sont les cæcotrophes. S’il n’est pas dérangé, le lapin prélève ces cæcotrophes, produites par les contractions du cæcum, à la sortie de l’anus et les ré-ingère sans les mâcher, après les avoir enveloppées de salive.

 

Dans les cæcotrophes, le lapin trouve des aliments mal digérés et une abondance de corps microbiens, source de protéines et de vitamines (notamment du complexe B) provenant du cæcum. Sans la cæcotrophie, ces aliments très riches seraient perdus car il n’y a pas d’absorption digestive notable au niveau du cæcum, colon et gros intestin. Ainsi, son système digestif à une seconde chance d’assimiler et d’absorber les nutriments bénéfiques à son organisme. Les fibres indigestibles sont alors détournées du cæcum et dirigées directement dans le colon, où les liquides sont retirés ; sont émises alors les crottes définitives, dures et foncées.

 

Cette récupération est semblable à celle des ruminants vis à vis des produits formés dans la panse qui se trouve, elle, au début de l’appareil digestif.

 

Comme on peut le constater, l’habitude apparemment désagréable d’ingérer ses propres excréments est une partie normale de la physiologie du lapin.

Les oreilles et l'ouïe :
C’est certainement le sens le plus développé chez le lapin. Il est aidé en cela par la taille de ses oreilles et leur extrême mobilité. Elles peuvent bouger indépendamment l’une de l’autre et notamment pivoter rapidement. Les oreilles captent ainsi le moindre bruit ce qui permet de localiser avec précision le danger.

 

Très souvent, en situation d’alerte, le lapin se positionne sur ses pattes postérieures et dresse ses oreilles. Il se grandit au maximum et améliore ainsi son écoute, sa vue et son odorat.

 

Les oreilles couchées en arrière, plaquées sur le dos, sont l’expression :

 

→ d’un stress (peur).

 

→ d’un mauvais état de santé (dans ce cas, d’autres signes sont également   visibles, notamment le lapin 
reste immobile, blotti).

 

Attention, en période de repos, les oreilles sont naturellement positionnées en arrière.

 

Image lapin stressé
Fauve de Bourgogne stressé (photographie Samuel BOUCHER)

 

Le toucher:
La peau des lapins présente des récepteurs sensoriels répartis sur tout le corps. C’est pour cette raison que les lapins aiment se blottir les uns contre les autres.

 

Les vibrisses (poils situés au niveau des narines sur les joues et au-dessus des yeux) ont un rôle tactile très important notamment dans l’obscurité.

 

Les nerfs sensoriels situés à l’extrémité des racines des poils, enregistrent les stimuli tactiles. C’est grâce à cela que le lapin détecte les mouvements d’air, s’oriente dans le noir ou discerne avec précisions les dimensions d’un orifice.

 

Image vibrisses

Nain Gris Garenne

 

 

 

Le goût :
Les lapins ont un sens gustatif plus développé que les humains.

 

Leur bouche et la cavité pharyngée possèdent environ 17 000 papilles gustatives, l’être humain s’en contente de 10 000, et le pigeon d’une cinquantaine.

 

Le lapin distingue le sucré, l’acide, l’amer et le salé.

Température et chaleur :
La température normale du lapin en bonne santé est comprise entre 38,5° et 39.6°, (on retient habituellement 39.1°C).

 

Les lapins apprécient un environnement tempéré, dans une fourchette de température comprise entre 14 et 18°C.

 

Attention a partir de 26°C le lapin souffre et s’épuise très rapidement. Ces températures élevées pour lui, ont des conséquences sur la fertilité, l’appétit et la digestion.

 

Le lapin ne transpire pas (sauf sous les pattes). Pour lutter contre la chaleur il va augmenter le rythme de sa respiration, dilater les vaisseaux de ses oreilles et s’étaler de tout son long au contact d’une surface plus froide. Cette lutte fatigue le lapin, et, lorsque les fortes chaleurs perdurent, l’animal est exposé à des accidents métaboliques aigus (acidose métabolique), entraînant la mort.

 

 

Vitesse :
Elle est au maximum de 38 km/h. Le lièvre peut atteindre 80 km/h et contrairement à ce dernier il n’est pas très résistant sur les longs parcours.

 

Autres comportements :
Il se tient en boule. L’animal est apathique, reste blotti les yeux mi-clos et ne se nourrit plus. Le sujet est malade.

 

Il se lèche. Le lapin effectue son toilettage, soigne ses petites blessures.

 

Il lèche ses congénères. Cette attitude renforce les liens entre les individus.