L'eau

Alimentation des lapins - L’eau - Jean-Jacques MENIGOZ (Août 2010)

 

Glossaire / Commentaires

Biofilm :    Pellicule constituée de micro-organismes (spores, levures, bactéries, moisissures) vivant et se multipliant au sein d’une couche muqueuse.

Chloration : Est l’action de désinfecter avec des produits chlorés.

Désamination : Réaction chimique au cours de laquelle une substance aminée perd son groupe amine.

Enzyme : Composant élaboré dans l’organisme (biocatalyseur protéique) qui intervient dans le métabolisme des aliments.

Lipogénèse : Désigne l’ensemble des processus biochimiques permettant la synthèse des lipides en général et des acides gras en particulier.

pH : Potentiel hydrogène, mesure l’activité chimique des ions hydrogènes en solution.

Titre Hydrotimétrique (T.H.) : Ou dureté de l’eau, est l’indicateur de la minéralisation de l’eau. Elle est surtout due aux ions calcium et magnésium.

Turbidité : Mesure de l’aspect plus ou moins trouble de l’eau. Contraire de limpidité.

 

L’eau est quantitativement le principal aliment absorbé par le lapin

Le besoin en eau dépend de nombreux paramètres ; la proportion en eau des aliments ingérés, la présence de chlorure de sodium (sel), l’environnement (température, humidité), la santé, la physiologie ou la pathologie de l’animal.

En général, une restriction en eau, entraine une baisse de la consommation alimentaire et par la suite une diminution de la croissance. C’est d’autant plus vrai avec les granulés. 

Par rapport à d’autres espèces d’animaux, le lapin à des exigences hydriques inférieures grâce à la coprophagie, à une évaporation réduite (essentiellement au niveau des premières voies aérifères) à une faible transpiration et à une réabsorption d’eau réalisée par les reins.

Lorsqu’il fait chaud le lapin régule sa température notamment en augmentant sa respiration et en buvant.

Les exigences en eau varient également selon l’âge de l’animal et les moments physiologiques. Ce sont les femelles allaitantes qui possèdent le besoin en eau le plus important.

Pour donner un ordre de grandeur, on estime qu’un lapin bénéficiant d’un aliment sec (granulé) a besoin de 1.5 à 2 fois plus d’eau que d’aliment. Pour une femelle allaitante le besoin est de 2.2 à 2.5 fois plus d’eau que d’aliment.

Pendant des périodes de fortes chaleurs, ces ratios ont tendance à augmenter.

A titre d’exemple, différents travaux montrent qu’entre 5°C et 30°C la consommation de lapins en croissance passe de 180 à 120g/j pour les granulés et de 330 à 390g/j pour l’eau.

De toute façon ne perdons pas de temps dans des calculs impossible, donnons de l’eau potable à volonté à nos lapins.

 

Qualité de l’eau

On ne pense pas toujours à vérifier sa qualité, sur le plan chimique, comme sur le plan microbiologique et organoleptique. Pourtant on connaît la grande sensibilité digestive du lapin vis-à-vis de tout facteur de variation.

On considère que l’eau destiné à la consommation de l’homme est bonne pour le lapin. Les limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine sont définies par l’arrêté du 11 janvier 2007, publié au journal officiel numéro 31, en date du 6 février 2007.

 

Chez le lapin, quels sont les principaux troubles susceptibles d’avoir pour origine une eau non potable

Le plus important est certainement le syndrome «entérite» (perturbation intestinale). Les facteurs de risque sont :

Un pH trop élévé, supérieur à 8 (pH idéal pour les lapins 6.5 - 7.5). Une eau trop acide peut être à l'origine d'attaque des tuyauteries par corrosion avec libération de sels toxiques. Un apport d'acide acétique permettra de corriger cette valeur. (Voir passage spécial à propos du pH, en fin de texte sur l'eau).

Assez fréquent, les excès de nitrates, supérieur à 50 mg/l (pollution azotée) et parfois la présence de nitrites supérieur à 0.50 mg/l (pollution microbienne) ou d'ammonium supérieur à 0.10 mg/l (pollution azotée). Ceci provoque une intoxication sanguine et déclenche des phénomènes inflammatoires au niveau du tube digestif avec comme conséquence, l’apparition de la diarrhée.
On estime que la dose létale de nitrate est de 1500mg/Kg et de 100mg/Kg pour le nitrite.

Les sulfates donnent une saveur désagréable à l’eau ce qui entraîner une sous consommation d’eau. Ils possèdent également des propriétés laxatives (diarrhée). Risques à partir de 250 mg/l.

Dans une moindre mesure les excès de chlore, d’ammoniaque, de substances toxiques, telles que le plomb, le sélénium, le fluor, l’arsenic, le chrome, les cyanures, aboutiront également à une apparition de la diarrhée.

Les chlorures, risques à partir de 200 mg/l.

Sur le plan bactériologique, des germes dangereux, tels que colibacilles pathogènes et notamment Escherichia coli (E. coli), salmonelles (entérobactéries), streptocoques fécaux, clostridies et spécialement les clostridium sulfitoréducteurs qui réduisent les sulfites en sulfures (Clostridium perfringens) sont également susceptibles de provoquer des entérites.

N’oublions pas enfin l’effet néfaste d’une eau trop froide, qui paralyse le tube digestif et aboutit également à l’entérite. La température idéale de l’eau distribuée aux lapins doit se situer entre 8 et 15°C.

En dehors de ces troubles digestifs, atteignant surtout les lapereaux à l’engraissement, mais parfois aussi les reproducteurs, voire les lapereaux au nid, d’autres manifestations pathologiques relèvent éventuellement de la même origine.

Ainsi, des troubles de la reproduction peuvent être dus aux éléments toxiques ou aux germes dangereux cités plus haut. On peut observer de l’infécondité, des avortements, des résorptions embryonnaires, une augmentation de la mortalité et des cas de malformations des lapereaux.

La présence d’autres éléments en excès sont à signaler. Le manganèse déclenche l’inappétence. Le fer détériore les canalisations et accentue les dépôts. Il provoque une diminution de la consommation d’eau et une baisse de l’appétit. Si la teneur est supérieure à 1 mg/litre, la chloration est inefficace. La présence de phosphates doit rester au maximum à 1 mg/litre.

Une eau de mauvaise qualité, croupie, d’odeur et de goût désagréable, contient des éléments inappétents qui entraînent souvent une sous-consommation, ce qui se traduit par des baisses de croissance à l’engraissement et une couverture insuffisante des besoins chez les reproducteurs. D’où amaigrissement, baisse de lactation, pertes au nid et au sevrage et porte d’entrée à une pathologie spécifique. Pour éviter cette eau de mauvaise qualité il faut rechercher la présence de détergents, vérifier si le chlore n’est pas en excès, doser le fer et contrôler la pollution microbienne du circuit.

Devant les conséquences dramatiques de l’absorption d’une eau non potable, en cas de doute, faites analyser l’eau. Cela doit être un réflexe pour tout éleveur consciencieux.

 

Infos diverses

Dans les conditions d’un manque d’eau total et en fonction des conditions ambiantes (température, hygrométrie), un lapin adulte peut survivre de 4 à 8 jours sans altération irréversible des fonctions vitales. Son poids peut être réduit de 20 à 30% en moins d’une semaine.

Par contre, si les lapins ont de l’eau de boisson (propre) à leur disposition, mais aucun aliment solide, ils peuvent survivre 3 à 4 semaines. L’ingestion d’eau est alors augmentée de 4 à 6 fois en quelques jours.

Le lapin s’avère très résistant à la faim et relativement résistant à la soif ; il convient cependant de retenir que toute limitation d’eau, entraîne une altération des performances.

Un stress, changement de cage par exemple, peut-être à l’origine d’une baisse de la consommation d’aliment et d’eau.

Un abreuvement insuffisant peut provoquer des accidents rénaux, source possible de mortalité.

L’eau contenue dans les aliments (fourrages verts) est plus profitable que celle du robinet, elle est notamment plus favorable à la lactation.

L’eau contenue dans les fourrages frais se situe entre 65 à 90%, les fourrages secs de 12 à 20%, les graines de 10 à 15%.

Ne perdons pas de temps dans des calculs impossibles,  donnons de l’eau potable à volonté à nos lapins.

 Image eau

 

Compléments d’informations sur l’eau

 Le Potentiel Hydrogène( pH), mesuré sur une échelle de 0 à 14, l’importance des acides et des bases dans l’eau. Un pH 0 (acide chlorhydrique) traduit une eau très fortement acide, un pH 14 (soude) traduit une eau très fortement basique. Le pH 7, est neutre (eau pure).
Le pH de l’eau destiné à la consommation humaine doit se positionner entre 6.5 à 8.5. Pour les lapins, le pH idéal est de 6.5 – 7.5.

Une eau possédant un pH acide favorise l’oxydation des tuyauteries avec risque de dilution des métaux lourds. A l’inverse, une eau possédant un pH basique, entraîne des risques de développement de pathogène (E.coli) avec dépôts sur la paroi intérieure des tuyauteries (biofilm, tartre) et une saveur amère et coloration anormale de l’eau.

La distribution aux lapins d’une eau destinée aux hommes, bactériologiquement potable, limite grandement l’éventualité de problèmes pathogènes. Les difficultés qui peuvent être rencontrées, proviennent assez souvent des équipements d’abreuvement de nos élevages, et notamment, les installations automatiques dont les parois internes des tuyauteries se trouvent recouvertes d’un biofilm. Ce biofilm se présente sous forme d’agrégats plus ou moins continus et plus ou moins épais (quelques microns à plusieurs millimètres). Il possède un état d’équilibre qui tient aux nutriments du milieu et aux bactéries en présence. Il prolifère par l’apport de nutriments ou la destruction de bactéries inhibant d’autres bactéries. La mise en place de cette pellicule, est aidée par la faible circulation de l’eau. Une fois installé, ce biofilm, favorise la dégradation bactérienne de l’eau fournie aux lapins.

Autre phénomène, le développement du biofilm provoque, par la réduction des diamètres internes des tuyaux, une baisse du débit de l’eau. Si nous y ajoutons la prolifération d’algues et le risque de dépôt de calcaire par exemple (Dureté de l’eau), il peut être envisagé une probabilité importante de mise en place de bouchons.

Il faut absolument éliminer le biofilm. Il peut contenir des flores pathogènes : risque pour la santé des animaux. Il peut également provoquer des échecs thérapeutiques : le produit de traitement peut être consommé par le biofilm, ou encore subir des phénomènes de précipitation et de bouchage dans les tuyaux liés à la prolifération du biofilm. Il consomme le chlore tout le long des tuyaux et limite ainsi l’action désinfectante du chlore sur l’eau. Il peut restituer certaines substances bien après la fin d’un traitement (risque en terme de résidus).

Pour assainir les équipements d’abreuvement, le chlore (eau de javel), suivi d’un bon rinçage, est très utile. Le chlore intervient au niveau cellulaire en bloquant l’activité des enzymes et en donnant naissance  à un dégagement d’acide chlorhydrique actif. Des produits à base d’iode, versés à dose infinitésimale (1 pour 1000) dans les réservoirs d’eau, sont également très efficace pour les installations automatiques. Ils agissent par oxydation et destruction des protéines du cytoplasme bactérien.

D’une manière générale, pour limiter la pollution des circuits d’abreuvement, il faut :
         
vidanger le circuit avant et après tout traitement.
         
bien rincer après chaque étape de traitement.
         
utiliser un produit alcalin (basique) pour éliminer les souillures organiques.
         
utiliser un produit acidifiant pour éliminer les souillures minérales notamment le tartre.

La dureté de l’eau ou titre hydrotimétrique (T.H.), s’exprime en France en degré français (°f). 1 degré français correspond à 4 milligrammes de calcium ou 2.4 milligrammes de magnésium par litre d’eau.

 Plage de valeurs du titre hydrotimétrique

TH (°f)

0 à 7

7 à 15

15 à 25

25 à 42

Supérieur à 42

Eau

Très douce

douce

Moyennement douce

dure

Très dure

Les sels minéraux sont essentiels à la santé et une eau de dureté moyenne apporte quotidiennement une partie des besoins en calcium et magnésium. Le TH ne doit pas dépasser 30°f.

Une eau dure, TH supérieur à 30°f, entraîne, une mauvaise efficacité des oligo-éléments et de la chloration. Réduit l’efficacité des traitements aux tétracyclines et à l’acide oxolinique. Est source d’entartrage des canalisations (développement du biofilm et accentuation du dépôt de tartre).

Une eau douce TH inférieur à 15°f est souvent acide et agressive, favorisant la corrosion du matériel métallique. Elle ne permet pas l’élaboration d’une couche carbonatée pouvant participer à une protection des canalisations contre certains risques de corrosion et, en dessous de 10°f, elle risque de devenir agressive et d’entraîner la solubilisation d’éléments tels que le fer, le cuivre, le plomb.

  La turbidité est un paramètre organoleptique qui mesure le trouble de l'eau. Elle est due aux particules colloïdales ou en suspension dans l'eau. Ces particules sont d'origines variées : érosion des sols pour les eaux de surface, infiltration à travers des sols fissurés (terrains karstiques) pour les eaux souterraines, dissolution de substances minérales (fer), présence de matières organiques végétales (acides humiques) et animales. En dehors de la modification des propriétés organoleptiques de l'eau qu'elle entraîne, la turbidité n'est pas dangereuse en soi. Par contre, son apparition a une importance sur les autres paramètres définissant la qualité de l'eau, tant du point de vue bactériologique que chimique :
* propriétés bactériologiques : les micro-organismes se fixent  sur les particules responsables de la turbidité. Cela leur permet de se développer plus facilement qu'en suspension dans l'eau, le substrat étant plus facilement mobilisable. En outre, les amas qui sont ainsi créés protègent ces mêmes micro-organismes contre l'action des désinfectants,
* propriétés chimiques : les matières en suspension ont une certaine capacité à adsorber les ions métalliques (cuivre, mercure..) ou les composés chimiques, comme les pesticides par exemple.
Les éléments à l’origine de la turbidité augmentent la demande en chlore de l’eau traitée.

Lire aussi Eau de boisson en elevage cunicole

Les glucides

Alimentation des lapins - Les Glucides - Hydrates de carbone - Sucres - Jean-Jacques MENIGOZ (Octobre 2011)

 

Glossaire / Commentaires

Lipogénèse : Désigne l’ensemble des processus biochimiques permettant la synthèse des lipides en général et des acides gras en particulier.

Métaboliser : Assimiler par réaction métabolique (transformation d’une substance).

Péristaltique : Se dit des mouvements de constriction de l’œsophage qui font descendre les aliments dans l’estomac.

 

Il y a quelques temps nous avons eu l’occasion de réaliser un article sur l’eau, un des éléments indispensable aux lapins.
Nous poursuivons en abordant, un autre élément important, les glucides,  quelquefois dénommés hydrates de carbone.
Nous n’avons pas la prétention d’apporter la formule miracle. Combien de fois, lors de discussion entre éleveurs, n’avons-nous pas entendu de leur part le bon régime alimentaire. Et à la limite, pourquoi pas, si cela donne satisfaction à l’éleveur et surtout à ses élèves.
Les informations contenues dans le texte suivant sont là pour rappeler les phénomènes incontournables et les éléments chiffrés sont avant tout des ordres de grandeur.

 

Les glucides:

Les glucides sont les éléments les plus présents dans le monde végétal.
Ce sont eux qui contiennent et qui apportent le plus d’énergie aux lapins.

On distingue les :
Les glucides cytoplasmiques – pentoses, glucose, fructose, saccharose, maltose, lactose, mélibiose, fructosanes, amidons (fécules), …

Les glucides pariétaux des végétaux – cellulose, hémicelluloses, substances pectiques (lignine).                  

On peut également classer les glucides en :
Glucides assimilables – Les sucres rapides, digérés rapidement, fournissent un apport rapide et massif de sucre dans le sang. Les sucres lents, de digestion plus lente, permettent un apport de sucre (énergie) plus prolongé dans le temps.

Glucides non assimilables -  Ce sont les fibres alimentaires constituées principalement par la cellulose indigestible. Fibres végétales brutes, la  cellulose et les autres substances structurales, très peu digérées et assimilées, ont une faible valeur nutritive

 

Besoins en glucides ou hydrates de carbone

Ils constituent la principale source d’énergie de l’organisme. Ils sont considérés comme le carburant essentiel au bon fonctionnement des cellules. Ils fournissent l’énergie indispensable à la thermo-régulation des animaux, à la lipogénèse et aux dépenses de fonctionnement général de l’organisme. Ils forment une réserve d’énergie très importante car ils sont beaucoup plus simples à métaboliser que les lipides et les protéines.
Leur digestion est liée à leur nature. L’amidon et la cellulose dite indigestible sont les glucides les plus utiles pour le lapin.

L’amidon, apporte une importante quantité d’énergie, très utile :
Au maintien de la température corporelle (thermorégulation). En hiver, le besoin est plus important.
Au renouvellement des cellules.
A tous les déplacements et mouvements (vitalité).
Au fonctionnement des organes.
A la formation des graisses.
A la croissance, la gestation, la production laitière ….

Plus le lapin est âgé plus il est capable de digérer l’amidon.

La cellulose dite indigestible, constitue le lest alimentaire du lapin. En général le lest alimentaire est un poids mort dans l’intestin. Il aide à déplier les parois intestinales favorisant ainsi le transit et la digestion. Le lest a ainsi un véritable rôle physique ; c’est un stimulant mécanique. Il améliore l’action péristaltique, suite d’ondes générées par des contractions musculaires faisant progresser le contenu du tube digestif.
Le lest, constitué par la fraction indigestible de la cellulose, doit assurer un encombrement minimal du tube digestif. Cet encombrement, en ralentissant la digestion, est  nécessaire au bon fonctionnement du transit intestinal, car il évite les stases digestives et les fermentations toxiques qui peuvent en découler.
Pour le lapin, il nous paraît important de préciser le rôle du lest (des fibres). Si l’aliment contient peu de particules grossières et/ou si celles-ci sont hautement digestibles, le refoulement vers le caecum fonctionne à son maximum et le contenu caecal s’appauvrit en éléments capables de nourrir les bactéries « normales » vivant dans le caecum. De ce fait, il apparaît un risque élevé de voir se développer des bactéries différentes dans ce milieu appauvri, une partie d’entre-elles risquant d’être nocives. Il convient donc d’apporter, par voie alimentaire, un lest minimal qui permette aux animaux d’assurer un un bon transit digestif et un temps de séjour caecal suffisant. En règle générale, plus une substance contiendra de lignine, plus elle assurera son rôle de lest, indispensable pour le lapin.

Une alimentation présentant une bonne teneur en cellulose, notamment indigestible, permet une également un très bon fonctionnement du comportement de caecotrophie.

La cellulose indigestible contribue également à éviter la formation de boules de poils dans le système digestif. Elle favorise aussi l’usure des dents par une mastication plus longue.

La cellulose indigestible sert à réguler la digestion de l’ensemble des éléments de la ration. Elle améliore l’assimilation des nutriments. Elle permet l’entretien d’une bonne flore digestive et limite les risques de désordre alimentaire. Elle possède cependant un effet d’atténuation énergétique de la ration. La facilité et la rapidité de la digestion des parties nutritives d’un aliment, sont fonction de sa teneur en cellulose brute indigestible. Plus cette teneur est élevée dans la ration, plus la digestibilité  des matières organiques et de l’énergie sera réduite.

Nous touchons là une des difficultés à maitriser pour obtenir un bon équilibre de la ration. La cellulose digestible et indigestible doivent se trouver dans l’alimentation en proportion adaptée et en rapport avec les autres substances et notamment les protéines.

Il faut rester vigilant, car trop de cellulose indigestible peut être une source de parésie caecale, plus précisément chez les jeunes lapereaux et notamment avec une alimentation riche en luzerne.
Des stress de différentes origines (environnement, changement alimentaire, abreuvement défectueux, ….) associés avec une teneur insuffisante en cellulose indigestible de l’alimentation, seront très souvent à l’origine d’entérites. Résultat d’un ralentissement très sensible du transit intestinal favorisant ainsi la prolifération de germes anaérobies putréfiants.

Pour mémoire, noter que, l’augmentation de la teneur en cellulose indigestible dans l’alimentation peut entraîner le développement de l’importance du tube digestif.
De manière générale on évoque le taux de cellulose brute sur les étiquettes des granulés. A titre indicatif ce taux se situera à 14% pour les jeunes, 12 – 14% pour les femelles allaitantes et gestantes, 13 – 15% pour les lapins en entretien.

On admet que d’une manière générale, la teneur en cellulose brute indigestible ne doit pas être inférieure à 10%. Au-dessous de cette valeur le risque de diarrhée est très important. Toujours à titre indicatif, le taux de cellulose brute indigestible, quelque soit le statut de l’animal, est globalement inférieur de 2 points au taux de cellulose brute.

Une teneur trop importante en cellulose digestible (exemple hémicellulose des betteraves) peut être la source de problèmes, notamment de type entérite mucoïde.

Pour revenir sur les glucides (sucres), son taux est rarement indiqué. Les granulés en sont cependant riches. Le taux se situant entre 30 et 35%. Il ne faut pas chercher de teneur plus élevée. Les granulés trop riches en glucides le seront au détriment des autres substances, donc mauvais en final pour le lapin.

Pour les lapines allaitantes les besoins énergétiques sont très importants et le     niveau de consommation par rapport au volume du tube digestif est élevé. Le taux de cellulose brute de l’alimentation doit être compris dans une fourchette de 12     à 14%. Au-dessus de 14%, les besoins nutritifs des mères les plus productives risquent de n’être plus couverts par la capacité d’ingestion qui se situe au maximum, au environ du quart du poids de l’animal. Par exemple 750 grammes de végétaux par jour pour un lapin de 3 Kg.
En cas de concentration insuffisante en énergie, la femelle allaitante tend à puiser dans ses faibles réserves pour assurer la production de lait et peu en mourir brutalement surtout entre le dixième et vingtième jour de lactation.

Parmi les glucides, au début de sa vie, le jeune lapin ne digère que des sucres dits simples (lactose, glucose, …). Le lait de sa mère en est cependant assez pauvre (environ 6%). Jusqu’à 8 semaines, la teneur en amidon doit rester faible (maximum 18%). Au moment du sevrage, les jeunes lapereaux digèrent assez mal l’amidon, attention au risque d’entérite. Il ne faut pas fournir d’amidon « rapide », et notamment ne pas donner de blé. L’amidon de l’orge est mieux adapté, sa digestion permet le développement d’une activité inhibitrice sur les bactéries pathogènes (clostridies, colibacilles) au niveau du caecum.  

Pour la période de croissance une teneur de 13 à 15% est satisfaisante.
Les lapins en croissance adaptent leur consommation ; plus l’aliment contiendra de cellulose indigestible, plus ils augmenteront leur consommation dans le but d’ingérer une quantité d’énergie digestible suffisante. Toutefois, si l’alimentation présente une concentration insuffisante en énergie, la vitesse de croissance sera réduite.

 

Sources de glucide

Dans les aliments complets le taux de cellulose brute peut varier de 12 à 18%. Ils comprennent en général au moins trois sources de cellulose différentes pour notamment s’assurer une présence de cellulose aussi constante que possible.

La paille, le foin, la luzerne sont les sources incontournables de cellulose indigestible. La luzerne est la source principale pour la cellulose indigestible.

Les céréales, froment, seigle, orge, maïs, sarrasin, riz sont sources d’amidon et de cellulose. L’avoine et l’orge, aliments appétents pour le lapin, sont notamment une bonne source de cellulose.

Les issues de céréales sont de qualité très variable. Le son est une source de cellulose indigestible intéressante et est très utilisé dans les aliments lapins. Il présente cependant une valeur énergétique très faible.»

On trouve les glucides dans les carottes les fruits, pommes de terre et légumineuses. Les haricots, pois et lentilles sont des féculents intéressants, riche en amidon. Dans une proportion un peu plus faible ; la pomme de terre. 

Les pulpes de betteraves ont une bonne teneur en potassium et sont riches en hémicellulose. Leur cellulose est assez digestible par le lapin ce qui limite leur fonction de lest. Ne pas incorporer trop de pulpes de betteraves dans les aliments afin de limiter les risques de diarrhée.

L’aliment lapin optimum est un compromis entre d’une part, la nécessité d’un apport minimum de cellulose dite indigestible et d’autre part l’obligation d’utiliser un aliment relativement concentré afin de ne pas trop diminuer les performances zootechniques.

Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, et en fonction du statut de l’animal, le taux de protéine doit être supérieur de 2 à 5 points à celui de la cellulose brute. C’est l’inverse uniquement pour les animaux en période d’entretien, le taux de cellulose brute doit être supérieur de 3 à 4 points à celui de la protéine.

Condiments et végétaux pour nos lapins

Condiments et végétaux pour nos lapins ou l'expérience de nos anciens                       

par Jean-Jacques MENIGOZ   (Selon un article de Vie à la  Campagne   N° 474  avril 1950) 

 

Quels sont les branchages, les plantes et les herbes dont l'action est favorable à la  nutrition et qui sont considérés comme préventifs à certaines affections, à prévoir en complément du bon fourrage, odorant parce que récolté et séché soigneusement.

En dehors de la nourriture habituelle, donnez des herbes condimentaires à vos lapins. Elles constituent  en général des toniques dotés de vertus apéritives. Les unes sont acceptées d’emblée ; c’est notamment le cas du fenouil ; d’autres le sont moins facilement, comme le thym et le serpolet. Une accoutumance est nécessaire pour les plantes aromatiques à odeur intense.

Serpolet

 

Herbes et branchages toniques

Il est établi depuis longtemps que des plantes , sauvages ou cultivées, sont de premier ordre pour les lapins, en dehors des plantes fourragères : gesse, lotier(trèfle cornu), minette, vesce, luzerne, sainfoin, soja, trèfle, légumineuses, qu’il faut distribuer avec attention pour éviter les fâcheux ballonnements du ventre, surtout au printemps, lorsque vos lapins ont été nourris au régime du fourrage sec auquel vous faites brusquement succéder le régime du vert, surtout celui très fermentescible des légumineuses.

Vous disposez, parmi les plantes lactescentes, des chicorées, laiterons, pissenlits, salsifis, scorsonères ; et, parmi les autres des : pimprenelles, plantains, séneçons, feuilles de topinambours, tournesols, etc…, et de l’ortie surtout séchée.

      Image plantain 

Egalement de quantité de frondaisons d’arbres et d’arbustes : d’abord le saule, puis l’orme, le tilleul, le fusain du japon, le robinier faux acacia, l’églantier, le rosier et même les pétales de roses lorsque vous coupez celles-ci lors de leur défloraison. Tiges et feuilles d’œillets, dans la région où ceux-ci sont cultivés pour la fleur coupée, fournissent une verdure excellente.

Les fruits d’églantiers et de rosiers, notamment quand vient l’automne, sont très appréciés ; ainsi que les pousses de poiriers et de pommiers, lors des ébourgeonnements, et les fruits tombés prématurément de ces arbres. Par contre, soyez prudent en ce qui concerne les frondaisons des essences de fruits à noyau, principalement du pêcher et de l’abricotier ; également du laurier-cerise ou laurier-amande, en raison de leur teneur en acide prussique. Les bruyères fournissent un appoint appréciable, mais les vieilles touffes ont le défaut d’être chargées en cellulose. Les genêts et ajoncs jeunes sont plus appréciables.

Faites provisions de ramilles de saule ; faites-les sécher pour les distribuer en hiver. Les lapins les décortiquent en entier (comme d’ailleurs les tailles d’olivier dans la Midi), en n’en laissant que le bois. Mais gardez-vous surtout du faux ébénier, bien que ce soit une légumineuse, celui-ci étant toxique.

 

Plantes aromatiques

Toutes les plantes de cette catégorie, les fameuses plantes «de bonne senteur»  d’Olivier de Serre, ne sont pas toujours acceptées par les lapins domestiques, surtout celles à odeur intense, au même titre qu’elles le sont par les lapins de garenne. Mais le thym cultivé, plus tendre, plus herbacé, moins chargé en cellulose que celui que vous ramassez dans les sols pierreux du Sud-Est et du Sud-Ouest, possède des propriétés désinfectantes par le thymol qu’il contient. Ne le distribuez toutefois qu’en petite quantité, ainsi que le serpolet, à titre condimentaire.

Il est deux plantes aromatiques que le lapin dévore avec voracité, qui sont à la fois apéritives, toniques, désinfectantes, rafraîchissantes et astringentes : le fenouil doux élevé, et les différentes sortes légumières, comme le fenouil de Florence, dont la base épaisse et engainante des feuilles forme une pomme au goût sucré et savoureux, qui active et favorise la lactation, à l’encontre du persil, et au même titre que la basilic grand. Les lapins ne laissent pas un brin de cette plante autant parfumée qu’aromatique.

Donnez également à vos lapins les feuilles de carottes et les verts de poireaux et d’oignons. Faites sécher pour l’hiver des tiges, feuilles et graines de fenouil, des tiges et feuilles de différents basilics. Mélangez-les à la pâtée ou au fourrage.

Basilic

 

Beaucoup de persil

Le persil, feuilles, tiges, inflorescences, lorsqu’il monte à graines, est l’aliment type condimentaire pour tous les lapins, lapereaux, mâles et femelles, sauf toutefois pour les mères qui allaitent, parce qu’il freine et même arrête la sécrétion lactée ; mais cette distribution est parfaite pour le sevrage et pour couper le lait des trop bonnes laitières.

Constituez des bordures de persil commun, dont le rendement est infiniment plus élevé que celui des variétés à feuillage frisé, plus aussi en éléments nutritifs. Coupez-le au fur et à mesure des distributions : il repousse vite et donne rapidement une autre coupe. Sans atteindre la richesse en éléments nutritifs de la luzerne et du soja, il est plus nourrissant que la majorité des herbes et des fourrages en protéine, glucoside, vitamines A, B et C.

Les proportions de vitamines qu’il contient sont : en A, plus élevées que celles fournies par l’huile de foie de morue et la luzerne ; en B, égales à celles de la carotte, presque égales à celles du chou ; et en vitamines C, il surclasse le chou, le pissenlit, etc….

Il est également riche en minéraux : calcium, fer, phosphore, soufre. Il est tonique, apéritif ; il aiguise l’appétit, favorise la digestion par son action sur les glandes à sécrétion ainsi que l ‘assimilation des aliments, tout en limitant les fermentations. Privez-en momentanément les proches parturiantes et surtout les nourrices, mais donnez-en largement aux jeunes sevrés, aux adultes et aux mâles. Faites-en sécher pour l’hiver et saupoudrez-en les pâtées.

Constatez qu’elles ressources vous fournissent ces végétaux aromatiques de bon aloi lorsque vous pouvez vous les procurer. Produisez-les abondamment dans votre jardin, lorsque cela est possible.