Coloration du pelage - Généralités

Coloration du pelage - Généralités


Introduction
Définir une couleur est un exercice difficile et certainement l'une des positions les plus délicates à établir lors de la mise en forme des standards.
Très souvent l'utilisation de comparaisons ou de références sont des raccourcis permettant d'éviter une définition riche en adjectifs ou en noms communs de couleur.

Nous constatons à la lecture des standards, qu'en règle générale, les différentes caractéristiques sont présentées d'une manière "positive" (énoncé de l’idéal) et d'une façon "négative" (défauts propres à chaque position). Il faut reconnaître que l'ensemble des informations ainsi collectées, nous permet d'avoir une vision correcte sur l'orientation de la sélection.

Généralités

Définition des couleurs
Les couleurs s'identifient à partir de leur Teinte, de leur Clarté et de leur Saturation.

La TEINTE est la caractéristique fondamentale de chaque couleur : Noir, Havane, Bleu...

La CLARTE correspond au degré d’expression, à la nuance d'une teinte, qui peut être claire (Bleu de Beveren) ou foncée (Bleu de Vienne).

La SATURATION caractérise l'intensité d'une couleur de nuance déterminée. Les termes de vif ou de chaud s'opposent alors à ceux de terne ou de mat.

Différentes tonalités résultent des niveaux de clarté et de saturation pour une teinte spécifique.

Commentaires sur l’appréciation des couleurs
Les couleurs, telles qu'elles sont perçues, résultent de l'impression que fait sur l'œil la lumière diffusée par les corps observés. L'état de ceux-ci et leur agencement interviennent dans l'effet produit. C'est ce qui ressort lors de l'appréciation de la teinte d'un animal.

La coloration d'un pelage provient d'une absorption de lumière plus ou moins prononcée par les substances pigmentaires renfermées dans les poils.

Cette absorption est totale pour le noir. La blancheur d'un pelage s'explique au contraire par le fait que les espaces vides et aérés de la zone centrale, dite médullaire, des poils, de part l'absence de pigment, provoquent la dispersion totale de la lumière incidente.

Des différences de teinte peuvent tirer leur origine, non seulement des variations de la répartition pigmentaire, mais aussi des particularités structurelles de la matière considérée. Ainsi la nuance ivoire observée sur le pelage d'un lapin Satin Albinos provient d'une dispersion lumineuse légèrement atténuée par une texture pileuse spéciale qui ne laisse pas apparaître l'effet de blanchiment intégral que l'on rencontre habituellement chez les populations cunicoles dépigmentées. Autre exemple, la teinte de la sous-couleur, la plupart du temps plus pâle moins intense, diluée, est le résultat de la présence de poils plus fins possédant une moindre concentration de pigments.

La composition d'un pelage, tant dans sa distribution quantitative qu'au plan qualitatif, influe grandement sur la vision colorée qui s'en dégage. Ainsi la couleur s'exprimera pleinement si :

- Le pelage possède la bonne structure (constitution, longueur et densité).

- Les poils par leur brillance, donnent au pelage le lustre suffisant.

- La fourrure est en bonne condition, propre et hors mue.

L'angle sous lequel une fourrure est vue, ainsi que la nature et l'intensité de la lumière qui sert à l'observer, conditionnent également l'exacte perception de sa teinte.

Dans tous les cas la perception colorée est toujours susceptible d'être interprétée visuellement.

Il est donc vain de vouloir rechercher la constance perpétuelle dans l'examen d'une teinte décrite et la vision qui s'en dégage doit toujours tenir compte d'un certain nombre de paramètres pas forcément réunis dans les mêmes conditions pour l'apprécier convenablement.

Le jugement des couleurs doit donc toujours être pratiqué avec nuance, dans les limites perceptibles d'une gradation admise et acceptable.

Défauts généraux des couleurs
- Défauts généraux légers :
Couleur d'ensemble un peu terne.

Uniformité insuffisante.

Quelques poils blancs dans les fourrures colorées y compris la bordure des oreilles.

Un peu de rouille.

Couleur de l'iris ou ongles de pigmentation un peu plus faible ou un peu plus forte.

Vibrisses blanches implantées dans zones colorées.

- Défauts généraux graves :
Excès de poils blancs, parsemés ou en touffes dans les fourrures colorées, y compris la bordure des oreilles (mouchets).

Couleur défectueuse, indéterminée, fortement rouillée.

Couleur hétérogène.

Couleur de l'iris ou ongles différente de celle exigée.

Ongle dépigmenté chez les variétés à ongles colorés.

Ongles de couleurs différentes.

Yeux vairons, marmoréens.

Tache sur l'iris ou iris de deux couleurs (hétérochromie).

Les modèles de coloration
La classification proposée porte sur sept modèles de coloration, tels que définis en 1984 au IIIème Congrès Mondial de Cuniculture de Rome (section Génétique – rapport Jacques ARNOLD). Elle tient compte des directives phanéroptiques utilisées, axées sur les éléments suivants :

  1. Livrée de base, c’est-à-dire, répartition d’Eumélanine et/ou de Phaeomélanine, éventuellement absence de pigmentation.
  2. Type d’Eumélanine (noir ou brun).
  3. Altérations pigmentaires, c’est-à-dire, Argenture, Panachure, effet Chinchilla, dilution, pigmentation centrifuge ….

Les pigments à l’origine des différentes colorations perçues sont, dans les cas envisagés, des MELANINES et se répartissent en EUMELANINE donnant des teintes sombres (noir, marron) et en PHAEOMELANINE provoquant le jaune, le fauve voir le roux.

Les sept modèles de coloration sont :

  • Modèle AGOUTI
  • Modèle UNICOLORE
  • Modèle ALBINOS
  • Modèle HIMALAYEN
  • Modèle ARGENTE
  • Modèle PANACHE
  • Modèle MULTICOLORE

Les couleurs des yeux

L'œil


C'est l'iris qui confère à l'œil sa couleur. Le trou de la pupille n'a qu'un effet de profondeur.

L'iris des lapins Albinos, constitutivement dépigmenté, laisse voir le fond oculaire vascularisé et paraît ainsi rosé. Le trou pupillaire toujours plus sombre ressort ici rougeâtre.

Les yeux bruns présentent un iris fortement pigmenté tant sur sa face antérieure que sur sa face postérieure. La disposition des cellules pigmentaires de la couche antérieure de l'iris engendre différentes tonalités, allant du brun foncé au marron clair plus ou moins grisonnant. La couche postérieure (la plus profonde et donc cachée par la précédente) ayant toujours une teinte plus foncée. Le trou pupillaire paraît noir bleuâtre.

Les yeux bleus (Blanc de Vienne, Polonais) qui correspond a un albinisme partiel des animaux chez qui il se manifeste, résultent de ce que le noir de la couche profonde ou postérieure de l'iris est voilé par l'opalescence de la couche pratiquement dépigmentée. Le trou pupillaire est d'apparence bleu foncé.

Chez les jeunes lapereaux, exception faite des Albinos, l'iris paraît toujours plus foncé du fait de la faible pigmentation de sa couche antérieure qui laisse ainsi percevoir sa couche postérieure assombrie.

Les reflets rubis projetés sporadiquement par les yeux de certains lapins, et plus particulièrement chez les Havane, Feh, Martre-Zibeline, Lynx, proviennent d'une diminution pigmentaire qui atteint la couche profonde de l'iris.

Des yeux de couleurs différentes chez un même animal sont dits asymétriques ou vairons.

Les yeux sont dits hétérochromes quand leur iris est pigmenté par zones irrégulièrement, mais nettement tranchées. Les taches pâles, généralement d'un bleu pâle, qui surgissent dans un iris brun résultent d'une dépigmentation partielle telle qu'elle se produit chez les lapins blancs aux yeux bleus.

Chez les yeux dits marmoréens, les nuances pigmentaires contrastées suivent des trajectoires rayonnées à direction centrale.