Bleu de St. Nicolas

 

Bleu de Saint Nicolas - Standard EE

Pays d'origine : Belgique
Ascendance : Lapins fermiers et Géant des Flandres Importance : peu répandue

Race intégrée dans le standard français édition 2015

Club de race national officiel : Pas de club en France

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Historique et généralités.

Ce lapin, est issu d’une population présente à l'indépendance de notre pays (1830), à Saint-Nicolas, et dans le pays de Waes tout entier (Flandre orientale).

Au départ, le Beveren et le Bleu de Saint-Nicolas n’étaient pas différenciés. Ils sont donc cousins ; c'est pourquoi W. Collier dans La Cuniculture illustrée de 1928, parle du Saint-Nicolas en disant "qu'il a une croupe très développée et qu'il est ramassé en forme de mandoline".

A cette époque, les éleveurs ne se préoccupaient guère de la pureté de la race ; ils ne visaient que la production de grands lapins au pelage bleu plus ou moins uniforme, donnant beaucoup de viande, car la peau ne valait que quelques centimes. On verra plus tard que l’utilisation des poils aura une influence sur la sélection du Bleu de Saint Nicolas.

L'élevage irrationnel provoqua l’expression plus ou moins importante de zones blanches. L’on obtint des lapins bleus tachetés de blanc "Het is een Sint-Niklazenaar" (c’est un de la race de Saint Nicolas) disaient de lui les éleveurs de l'époque. Ces taches n'apparurent pas uniquement sur le nez et sur la tête, mais principalement à l'extrémité des pattes, de la queue, des oreilles, et même sur tout le tronc.

Une autre hypothèse met en avant l’introduction vers 1890, de lapins « brabancons » (lapins avec des marques du Hollandais). La province du Brabant flamand est limitrophe (sud – est) à la Flandre orientale.

Cette expression des zones blanches eut été plus importante si, au début du vingtième siècle, quelques éleveurs avisés n'avaient fondé un cercle cuniculicole, à Beveren Waes, dans le but de régénérer et d'améliorer ces lapins

bleus. Ils élaborèrent un Standard et décidèrent que seuls les lapins entièrement bleus seraient pris en considération. Mais cette amélioration fut particulièrement difficile et lente : à la première exposition de Petit Elevage qui eut lieu à Beveren Waes, de même qu'à toutes celles qui y furent organisées dans la suite, on pouvait voir encore de nombreux exemplaires possédants, soit une rayure blanche sur le front (liste), soit des manchettes blanches, soit un ou plusieurs ongles blancs.
Après plusieurs années de sélection, le club susdit réussit à produire des lapins entièrement bleus, de race pure, mais plus petits et plus légers que le type originel. On peut logiquement estimer que ce groupe de lapins a donné naissance plus tard au « Beveren ». Pendant quelques temps, cette orientation de sélection sera élevée particulièrement pour la viande pour alimenter les navires dans le port voisin d'Anvers.

Devant cette situation, des éleveurs se déterminèrent à exploiter le type plus fort, marqué d'une liste blanche au front, et connu sous le nom de Bleu de Saint-Nicolas.
Les vrais passionnés ne s'en tinrent pas là, et, quelques années plus tard, la société "De Waasche Neerhof Club" entreprit à son tour de régénérer le lapin Bleu de Saint-Nicolas et d'en faire une race pure, productrice d'une abondante quantité de viande et d'une belle fourrure bleu clair.

En parallèle les poils étaient utilisés pour la fabrication de feutre à chapeaux par l’industrie de la fourrure de la région belge du pays de Waes. A la fin du 19ème siècle la peau d'un Bleu de Saint Nicolas avait même plus de valeur que la viande. Plus tard (vers 1917), les marques blanches ont disparu sous la pression des fabricants de feutre, parce que les poils blancs restaient visibles dans la feutrine. Avec la disparition du commerce de la fourrure, la race devint moins populaire.

Témoignage de la pression des fabricants de feutre de l’époque, Afin d'obtenir des sujets absolument purs, la société "De Waasche Neerhof Club" adressa vers 1917, à la Commission des Standards, une demande ayant pour objet la suppression de la liste blanche chez ce lapin, précisément parce que cette tache s'étend si facilement sur les autres parties du corps. Ladite Commission fit droit de cette demande et sa décision fut approuvée par la Fédération Nationale des Sociétés d’Avicultureen séance du 23 octobre 1928.

A cette époque aussi, beaucoup de Bleu de Saint-Nicolas furent exportés vers le Danemark pour l'industrie pelletière locale.

Nous relevons dans l’édition de 1927, des Standards de la Société Française de Cuniculiculture, la présence d’un descriptif pas encore adoptés. Pour la couleur le texte est le suivant :
« Bleu clair uniforme sur toute la partie utilisable de la fourrure, sans trace de blanc autre qu’au front ».

Malheureusement, cette belle race belge fut proche de l'extinction et c'est grâce à la ténacité de quelques fervents éleveurs que sa survie fut assurée ; néanmoins, aujourd'hui, les présentations en Bleu de Saint-Nicolas restent toujours faibles et sporadiques.

Caractéristiques à rechercher selon le standard belge

Poids idéal 5,000 kg à 6.000kg.
Corps : grand et assez allongé – l’animal vue de dessus a la forme d’un rectangle aux contours arrondis.
Ligne dorsale suffisamment large se terminant par une croupe pleine et bien arrondie.
Fourrure : de longueur moyenne avec un sous-poil dense. Les poils recteurs bien répartis assurent le lustre de la toison.
Tête : oblongue avec des joues bien développées. Vu de profil, la tête est en forme de losange.
Oreilles de forte consistance, aux extrémités bien arrondies. Longueur idéale de 14 à 16 cm.
Couleur bleu clair lumineux, régulièrement exprimée sur l’ensemble du corps.
Entre-couleur de même teinte que la couleur de couverture. Elle doit s’étendre le plus profondément possible sans délimitation nette vers la base des poils pour former la sous-couleur qui est un peu plus claire. Les sujets possédant la base des poils blanche sont les meilleurs en couleur. Il faut orienter la sélection dans ce sens.

Commentaires :
La plupart des Bleu de Saint Nicolas ne se présentent pas en position relevée. Ils restent allongés sur la table.
La ligne dorsale doit être horizontale, cependant on trouve des sujets avec une ligne dorsale cintrée, conséquence de croisements avec le bleu de Beveren en provenance des Pays-Bas.
La fourrure est un grand problème pour cette race. La plupart des sujets manquent de densité et de souplesse !! Ne pas être trop sévère à cause la rareté de cette race.
Tête ; faire attention, le chanfrein doit toujours être plat et assez long.
Couleur ; La coloration de son pelage bleu clair lumineux est particulier et en fait le plus clair des lapins « bleu belge ». Classement du plus clair au plus foncé : Saint Nicolas, Beveren, Bleu de Ham, Vienne bleu ; Les poils sur les extrémités peuvent être de coloration très légèrement différente par rapport au manteau. Ne pas trop en tenir compte.
Pas mal de sujets montrent des traces brunes sur le ventre.
Bien contrôler la pigmentation des ongles. Le niveau de la couleur a moins d’importance mais une couleur corne est à mettre en avant.
La couleur des yeux : Toutes les traces brunes ou bleues foncées sont à sanctionner.

Cette race balance sur une corde, va-t-elle survivre dans l’avenir ? On doit les juger avec une assez grande tolérance, sinon c’est fini.

Photographie – Les Amis du Petit Elevage

Conseils d'élevage

Il faut éliminer les sujets qui possèdent une couleur trop foncée, de même que ceux qui ont des épaules un peu étroites.
Accoupler entre eux les sujets les plus rectangulaires et les plus longs possible pour uniformiser les types. Accoupler vos jeunes femelles vers 7-8 mois.

Conserver vos futurs reproducteurs chez les sujets qui sont à la fois doux, rustiques et surtout précoces. Rejeter sans pitié tout sujet qui aurait des manquements graves vis-à-vis du standard et principalement en ce qui concerne la couleur du manteau et la sous-couleur.
Eliminer les sujets qui présentent des reflets brunâtres ou roussâtres, hors mue bien évidemment, de même que ceux qui ont le sommet des oreilles un peu pâle, ainsi que des oreilles trop courtes ou trop longues.
Les jeunes Saint-Nicolas naissent "blanc cassé" pour se parer progressivement de leur belle couleur bleu clair intense.

Présentation issue en grande partie de la "Monographie des lapins bleus de races belges" écrit par Francis Coppée en 2010.

Photographie R. DERAVET

Présentation réalisée par Jean-Jacques MENIGOZ à partir d’éléments d’Etienne MAZY – Rudy PAUWELS et Richard DERAVET.

Bleu de Ham

Bleu de Ham - Standard Belge 2010

Pays d'origine : Belgique Ascendance : origine gros lapins blancs et noirs reconstitution : Vienne bleu – Bleu de Saint Nicolas- Géant des Flandres bleu Importance : peu répandue

 

Race intégrée dans le standard français édition 2015
Club de race national officiel : Pas de club en France
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Historique et généralités.

Le lapin Bleu de Ham, seule race de lapin wallonne, a été créé au début du XXe siècle par un habitant de Ham-sur-Heure nommé Ulysse Horemans (1879 – 1952).

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Ulysse Horemans

En 1902, en croisant fortuitement des lapins blancs et des lapins noirs, spécimens de gros poids sélectionnés pendant des années par M. Hubert Lallemand, il a obtenu des lapereaux bleus. De suite, la qualité de leur viande, leur fourrure et leur rusticité attira l'attention de cet Hamois. En homme déterminé qu'il était, il effectua une sélection méthodique, il fixa les caractères voulus et il créa le Bleu de Ham. En 1906, il fonda avec quelques amis - Gilles Edgard, le Docteur Dubray, Louis Charles, Frédéric Lambert, Oscar Lecarte et Richard Thomas - le Cercle de Petit Elevage de Ham. En 1909, il présenta trente lapereaux parfaits, à M. Pullinckx, une sommité dans le monde cunicole belge de l'époque. La même année, son exposition annuelle à Ham-sur-Heure fut un grand succès. Fier de sa création, il se passionna pour cet élevage. Il participa à de nombreuses expositions locales, nationales mais aussi internationales. Ainsi, en 1912, Mira, une de ses femelles Géante Bleue de Ham, comme on les appelait alors, fut Lauréate de l'Exposition internationale de la Société impériale de Saint-Pétersbourg.

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En 1914, il remporta aussi de jolis succès à Madrid et à Florence. Pendant la première guerre mondiale, il se réfugia en France et perdit son cheptel. A son retour, en 1918, il récupéra le seul couple encore existant chez M. Adelin Legros. Il se mit au travail et reconstitua son élevage. Il obtint à nouveau de nombreux succès, médailles et diplômes d'honneur, notamment en 1930 à l'Exposition internationale de Liège.

Dans le livret publié en 1941 "Qui a un jardin doit élever des lapins", Monsieur Horemans qualifiait ce lapin de Géant Bleu de Ham; en effet, dans ces années-là, il pouvait peser de 6 à 8 kg et possédait des oreilles de 16 cm.

Malheureusement, à partir de cette époque et jusqu'en 1965, on ne trouve plus trace du Bleu de Ham dans aucune exposition, ni dans aucun document, excepté dans le livre des standards des lapins de race belge publié en 1960, où il figurait à titre documentaire. Il semble donc que la race disparut lors de la Seconde Guerre Mondiale, et que personne ne reprit le flambeau de son créateur.

En 1965, un éleveur ensivalois, Monsieur Robert Delbushaye, recréa la race et la réexposa à partir de 1967; mais il rencontra beaucoup de difficultés et, de plus, restait seul à défendre la race.

Vers 1968, le juge cuniculicole Louis Hérens, habitant la région de Visé, créa et exposa une lignée parallèle à celle de M. Delbushaye.

Aux Concours provinciaux du Brabant à la Hulpe en 1972, M. Cornet de Seraing exposa une jeune femelle. Mais malgré tout, les présentations en Bleu de Ham restaient faibles et sporadiques.

Arriva 1975 et son cortège d'expositions dont celle de Verviers qui fut d'une grande importance pour le Bleu de Ham. En effet, le juge cuniculicole Hector Bouquiaux vit les spécimens exposés et en parla à M. Willy Coppée et à son fils Francis, tous deux originaires de Philippeville, qu'il savait intéressés par la race depuis plusieurs années.

Or ces deux Messieurs, dans l'ombre, eurent leur influence sur le cours des événements qui suivirent, dus, d'une part, à l'absence du standard du Bleu de Ham dans le recueil des standards édité en 1975 et, d'autre part, aux refus de jugement des sujets de la race.
La réaction se devait d'être vive et rapide, et elle le fut !

Après de très nombreuses péripéties et une volonté farouche de Willy, son fils et leurs amis de voir la race être reconnue à sa juste valeur, le déjà cité Robert Delbushaye présenta quelques sujets à une Commission d'examen aux Concours provinciaux liégeois de 1976. Un nouveau Standard fut élaboré le 4 septembre 1976 et la race enfin reconnue et réexposée librement à partir de 1977.

Avec la création officielle du Club des Amis du Bleu Belge le 8 novembre 1981 par Messieurs Willy Coppée, Francis Coppée, M. Noizet et M. Timmerman et grâce à l'enthousiasme des éleveurs acharnés, le Bleu de Ham se fit connaître et on le rencontra plus régulièrement dans les allées des expositions d'animaux de basse-cour.

Ainsi, en 1984, lors du 1er Derby National du Lapin Bleu Belge qui s'est tenu à Ensival, les éleveurs de Bleu de Ham exposèrent soixante-six sujets. Ce record étonnant tient toujours à l'heure actuelle.

Dans les années qui suivirent, la race fut exposée dans la majorité des provinces wallonnes et flamandes. En revanche, malgré quelques rares et faibles présentations, le Bleu de Ham resta inconnu à l'étranger pour la grosse majorité des éleveurs, ce qui est un comble quand on connaît ses qualités et que l'on se remémore ses voyages de la première moitié du XXe siècle !

Aujourd'hui, les présentations aux expositions redeviennent malheureusement insignifiantes en beaucoup d'endroits, si ce n'est lors de quelques grands rassemblements ou lors des Concours provinciaux et interprovinciaux.

Caractéristiques à rechercher selon le standard belge

Poids idéal 5,000 kg à 6.000kg. Corps : cylindrique de longueur moyenne, rectangulaire et bien charnu, dos horizontal ; épaules larges, cuisses bien développées ; arrière-train bien arrondi. Fourrure assez longue, dense, soyeuse et lustrée. Tête : forte, légèrement ovoïde, front large et joues pleines et bien développées. Oreilles charnues, aux extrémités légèrement arrondies. Longueur idéale de 14 à 16 cm. Couleur bleu ardoise de nuance plutôt moyenne, moins foncée que celle du Vienne bleu. Sous-couleur de même teinte que la couleur de couverture. Elle doit s’étendre le plus profondément possible.

Commentaires : La plupart des Bleu de Ham ne se présentent pas en position relevée. Ils restent allongés sur la table. Le corps est long et assez large. Certains sujets montrent un corps un peu trapu !  La fourrure doit être bien dense, bien souple et bien luisante. Les poils ont une structure assez fine. Les croisés avec du Bleu de Vienne ont une fourrure plus rude. Tête ; A la forme d’un œuf. On doit faire très attention à la tête parce que on a croisé des lapins Bleu de Ham avec du Bleu de Vienne. Faire attention pour le brun dans les yeux, surtout chez ceux qui sont très foncés. Classement du plus clair au plus foncé : Saint Nicolas, Beveren, Bleu de Ham, Vienne bleu.

Ce lapin présente un caractère très sociable. Il est également très fertile et précoce.

Photographie Richard DERAVET
Photographie Robert SMETS

Du plus foncé au plus clair – Photographie R. DERAVET

Bleu de Ham – Bleu de Beveren – Bleu de Saint Nicolas – Gris Perle de Hal

Présentation réalisée par Jean-Jacques MENIGOZ à partir d’éléments de Richard DERAVET et Etienne MAZ.